Vidéo officielle de Junge (die ärzte) sous-titrée en français

Nous vous proposons la vidéo sous-titrée de la chanson Junge par die ärzte

Le texte allemand et sa traduction française :

Junge, warum hast du nichts gelernt?
Fiston, pourquoi n’as-tu rien appris ?

Guck dir den Dieter an, der hat sogar ein Auto
T’as vu Dieter ? Il a même une voiture !

Warum gehst du nicht zu Onkel Werner in die Werkstatt,
Va voir oncle Werner au garage,

der gibt dir ne Festanstellung, wenn du ihn darum bittest.
il te donnera un CDI si tu le lui demandes gentiment.

Junge
Fiston

Und wie du wieder aussiehst,
Regarde de quoi tu as l’air,

Löcher in der Hose, und ständig dieser Lärm
des trous dans ton pantalon, et ce boucan tout le temps

(was sollen die Nachbarn sagen?)
Que vont dire les voisins ?

Und dann noch deine Haare, da fehlen mir die Worte
Et puis tes cheveux, je ne sais pas quoi dire.

Musst du die denn färben?
Fallait-il vraiment que tu les teignent ?

(was sollen die Nachbarn sagen?)
Que vont dire les voisins ?

Nie kommst du nach Hause, wir wissen nicht mehr weiter
Tu ne rentres plus à la maison. Nous ne savons plus quoi faire

Junge,
Fiston

brich deiner Mutter nicht das Herz.
Tu vas briser le cœur de ta mère.

Es ist noch nicht zu spät, dich an der Uni einzuschreiben.
Il n’est pas trop tard pour t’inscrire à l’université.

Du hast dich doch früher so für Tiere interessiert,
Avant, tu t’intéressais tellement aux animaux,

wäre das nichts für dich, eine eigene Praxis?
ça ne te plairait pas d’avoir ton propre cabinet ?

Junge
Fiston

Und wie du wieder aussiehst,
Regarde de quoi tu as l’air,

Löcher in der Nase, und ständig dieser Lärm.
des trous dans le nez et ce boucan tout le temps

(was solln die Nachbarn sagen?)
Que vont dire les voisins ?

Elektrische Gitarren, und immer diese Texte,
Des guitares électriques, et ces textes,

das will doch keiner hörn
ça n’intéresse personne

(was solln die Nachbarn sagen?)
Que vont dire les voisins ?

Nie kommst du nach Hause, so viel schlechter Umgang,
Tu ne rentres plus à la maison, trop de mauvaises fréquentations

wir werden dich enterben
Nous allons te déshériter

(was soll das Finanzamt sagen?)
Que vont dire les impôts ?

Wo soll das alles enden? Wir machen uns doch Sorgen.
Où cela va-t-il nous mener ? Tu ne vois pas notre angoisse ?

Und du warst so ein süßes Kind (x 3)
Tu étais pourtant un enfant si gracieux (x3)

Du warst so süß.
Tu étais si gracieux

Und immer deine Freunde, ihr nehmt doch alle Drogen,
T’as vu tes copains ? Vous prenez tous de la drogue,

und ständig dieser Lärm
Et sans cesse ce boucan

(was solln die Nachbarn sagen?)
Que vont penser les voisins ?

Denk an deine Zukunft, denk an deine Eltern.
Pense à ton avenir, pense à tes parents,

Willst du dass wir sterben ?
Est-ce que tu veux notre mort ?

Share

La recette du succès pour Kraftklub, un mélange de rock, de punk et de rap

Kraftklub s'engage contre l'analphabétisme et participe à la campagne iCHANCE afin d'aider des adultes analphabètes à apprendre à lire et écrire.

Kraftklub s’engage contre l’analphabétisme et participe à la campagne iCHANCE afin d’aider des adultes analphabètes à apprendre à lire et écrire.

Kraftklub est un groupe allemand fondé en 2010. Sa musique est un mélange de rock indépendant, de punk et de rap. Le premier album, Mit K (2012), a été disque de platine. Le second album, in Schwarz (2014), a été disque d’or.

Les cinq membres de Kraftklub, Felix Brummer (chant), Karl Schumann (guitare), Till Brummer (basse), Steffen Israel (clavier) et Max Marschk (batterie), jouent pour la première fois ensemble en 2009 lors du festival de hip-hop Splash qui se déroule à Bitterfeld, près de Chemnitz, ville dont le groupe est d’ailleurs originaire.

Après avoir été enregistré dans un club de Chemnitz, l’Atomino, leur premier EP, « Adonis Maximus », sort en février 2010. Le succès est immédiat et dès septembre de la même année, les programmes pour jeunes de la première chaîne de télévision allemande ARD désignent le groupe vainqueur du concours New Music Award.

Grâce à cette mise en avant, ils attirent l’attention de majors et signent finalement chez Universal en janvier 2011.

Ils enchaînent alors les concerts et font la première partie de groupes de rock allemands comme Beatsteaks, Die Toten Hosen, Die Ärzte, Rammstein ou des groupes de rap tels que Fettes Brot et Casper.

Leur premier singel, « Zu Jung », sort en août 2011. Très drôles, les paroles expliquent que, quand on est jeune, il est aujourd’hui difficile d’être original car les parents ont déjà tout testé.

Fin septembre 2011, Kraftklub participe au Bundesvision Song Contest avec leur second single « Ich will nicht nach Berlin ». Dans cette chanson, Kraftklub déclare ne pas vouloir faire comme les autres groupes de musique et monter à la capitale. Le groupe finit à la cinquième place du concours, un show télévisé très populaire en Allemagne, organisé par la chaîne privée Pro7 et qui offre à Kraftklub la possibilité de toucher un public encore plus large.

Kraftklub a fondé le Kosmonaut Festival. Le festival se déroule sur deux jours en juin à Chemnitz et comptabilise près de 15 000 spectateurs.

Kraftklub a fondé le Kosmonaut Festival. Le festival se déroule sur deux jours en juin à Chemnitz et comptabilise près de 15 000 spectateurs.

C’est le 20 janvier 2012 que sort leur premier album, Mit K (littéralement : avec K, pour souligner le fait que club dans Kraftklub s’écrit avec un « k » et pas avec un « c »). Ces cinq garçons, qui n’hésitent pas à faire référence à leurs origines (l’ex-RDA), deviennent très populaires.

En avril 2012 sort un nouvel extrait : « Song für Liam ».

En septembre, ils donnent leur premier concert hors d’Europe, en Colombie.

En mars 2013, Kraftklub est nominé pour participer au concours Echo, qui existe depuis 1992. Lorsque les membres du groupe découvrent que le groupe nationaliste Frei.Wild participe lui aussi au concours, ils préfèrent annuler leur participation. Peu de temps après, d’autres groupes leur emboîtent le pas et les organisateurs décident finalement de remercier Frei.Wild. Réintégré au concours, kraftklub remporte le prix de la critique.

En mai 2014 apparaît sur Youtube la vidéo « Hand in Hand ». La vidéo est signée par un nouveau groupe totalement inconnu qui se fait appeler In Schwarz (En noir). Le 2 juin, le mystère est levé lorsque In Schwarz fait son apparition dans l’émission Circus HalliGalli. Tout le monde reconnaît alors Kraftklub qui vient présenter son nouvel album : In Schwarz.

Kraftklub a écrit une chanson pleine de tendresse pour Chemnitz dont ils sont originaires. La chanson porte l’ancien nom de la ville, lorsque le pays était coupé en deux : Karl Marx Stadt.

Kraftklub a écrit une chanson pleine de tendresse pour Chemnitz dont ils sont originaires. La chanson porte l’ancien nom de la ville, lorsque le pays était coupé en deux : Karl Marx Stadt.

En août sort le second single tiré de l’album : « Unsere Fans », dans lequel le groupe taquine gentiment ses fans qu’ils définissent désormais comme étant mainstream, grand public. Les textes de Kraftklub sont souvent à lire sur plusieurs niveaux et dans cette chanson, le groupe se moque surtout de lui-même et de son succès. D’ailleurs, lorsque l’album In Schwarz sort en septembre, il monte très vite les échelons et finit à la première place des charts.

Il s’ensuivra une année exceptionnelle qui se terminera en octobre 2015 avec la sortie d’un double CD et d’un Bluray documentant une année de concerts dans les salles et festivals après la sortie du second album.

Malgré des textes qui s’adressent à toutes les générations et une musique aux rythmes simples et empruntant à bien des genres, Kraftklub s’avère un groupe unique. Les textes drôles et décomplexés, ainsi que l’énergie qui se dégage de leur musique en font le phénomène de la scène rock allemande de ces dernières années.

 

Share

Mélodie et bonne humeur, les Itchy Poopzkid font ce qu’ils font le mieux pour leur nouvel album : Six

De gauche à droite : Daniel Friedl, Max Zimmer, Sebastian Hafner

De gauche à droite : Daniel Friedl, Max Zimmer, Sebastian Hafner

Les Itchy Poopzkid sont composés de trois membres : basse, batteur et guitare/chant. Et bien que se revendiquant appartenir au genre punk, les Itchy Poopkid produisent un punk teinté de pop.

Groupe originaire de l’Allemagne du Sud, d’Eislingen près de Stuttgart, ils chantent en anglais et ne prévoient pas de passer à l’allemand comme l’ont fait les Donots. Cela peut se comprendre car on ne peut pas vraiment dire que leurs textes soient d’une grande profondeur. Néanmoins, cela ne veut pas dire que les Itchy Poopzkid n’ont rien à dire. Les paroles sont souvent percutantes mais plutôt optimistes en encourageant à prendre conscience de soi, des autres, de la planète. Les textes sont peu cinglants. Lorsqu’ils abordent des problèmes de société, les textes seront plutôt simplement cyniques.

Ce qui fait des Itchy Poopzkid l’un des groupes préférés des Allemands, c’est d’abord la musique, rapide, toujours entraînante, mélodique et mettant de bonne humeur. C’est ce qu’ils savent faire de mieux et c’est ce à quoi nous avons droit sur leur sixième album sorti en 2015 : Six.

La première chanson met d’ailleurs tout de suite dans le bain. She’s Gonna Get it démarre sans prévenir. C’est un hit potentiel. Le refrain est très facile à retenir et le texte sans aucune profondeur. Six sera un album qui ne surprendra pas les fans du groupe.

Sebastian Hafner sur une planche de skateboard dans le public

Sebastian Hafner sur une planche de skateboard dans le public

Il en est de même pour la plupart des morceaux. Grip it Higher, I gotta get away, Plastic… sont des chansons pleine de pêche et dont l’énergie se communique facilement à l’auditeur.

Out There est peut-être le plus gros hit de l’album grâce à sa mélodie irrésistible et ses paroles drôles et pleine d’ironie sur le besoin irrépressible que ressentent certains d’exister à travers les autres.

And now we stopped est également un hit potentiel, facile à chanter avec plein de « Oh Woah! ».

On trouve également quelques chansons très bourrines comme The Weight of the Water ou Never Day Die.

L’album alterne les chansons rapides avec d’autres, plus calmes, presque des ballades, comme Darkness ou Meant to Be.

L’une des chansons les plus originales est sans doute Dancing in the Sun avec son texte cynique, voire sarcastique :

« Est-ce que vous vous souvenez de ces gamins plein de rage ?
Maintenant ils ont des Mars et des Twix »

La vidéo représente très bien le cynisme des paroles et s’avère particulièrement percutante. Elle mérite largement le détour.

L’album se termine avec Kings and Queens une chanson mainstream, avenante, pleine de courage et positive.

« C’est d’abord à moi de changer mon avenir
Allez, bouge-toi et trouve ce qui a du sens »

Image tirée de la vidéo why still bother

Image tirée de la vidéo why still bother

Sans prétention, sans prise de tête avec personne, sans dresser les gens les uns contre les autres, les Itchy Poopzkids livrent un rock mélodique et sans fioriture qui parlera aux gens de bonne volonté.

Tracklist
1. She’s Gonna Get It
2. Grip It Tighter
3. Darkness
4. I Gotta Get Away
5. Dancing In The Sun
6. Never Say Die
7. Meant To Be
8. And Now We Stopped
9. Plastic
10. Out There
11. Trusty Friend
12. The Weight Of The Water
13. Kings & Queens

 

 

Share

Kompass, le sixième album de Madsen

de gauche à droite : Sascha, Sebastian, Niko et Johannes

de gauche à droite : Sascha, Sebastian, Niko et Johannes

À l’occasion de leurs dix ans d’existence, Madsen a sorti le 14 août son sixième album, intitulé Kompass, ce qui signifie boussole, en allemand.

Grâce à cette boussole, Madsen cherche à retrouver l’énergie de leur adolescence. Leur musique s’inspire à cette occasion d’un rock alliant celui des années 80 et 90 et les chansons sonnent comme un hommage à des groupes comme Weezer, Led Zeppelin et Black Sabbath.

L’album commence par « Sirenen », une chanson puissante et mélodique, très représentative de ce que fait Madsen musicalement depuis ses débuts. Le texte veut pousser à la réflexion, ce qui est également une marque de fabrique du groupe. Cependant, et cela sera confirmé par la suite de l’album, la réflexion ne va pas très loin car le texte est trop vague. De quels dangers sont censées nous alarmer les sirènes qui sonnent en début de chanson : la radicalisation à droite, les banques ? On se contente de citer quelques mots passe-partout : Mord und Totschlag (meurtres et homicides), Menschenhass (intolérance), Wasserwerfer (canons à eau), Drohnen (drônes)… C’est un peu frustrant pour un groupe qui nous a habitués à des textes percutants.

Le reste de l’album confirme la sensation que Madsen a perdu un peu de sa pertinence puisque les chansons parlent d’amour et d’amitié. En revanche, Madsen, reste un groupe très positif et encourage les gens à être plus solidaires, spontanés, etc.

La deuxième chanson « Leichter » (plus léger) reste très fidèle à ce que fait Madsen avec une chanson qui change souvent de rythme, toujours très mélodique et des paroles qui valorisent « l’autre ». Chez Madsen, il est clair que c’est l’autre (nos proches, nos amis ou notre famille, voire ceux qu’on ne connaît pas encore) qui peut nous aider à résoudre tous nos bobos :

« Sans toi, j’aurais plus de temps
À consacrer à ma tristesse
Dont tu m’as déjà si souvent délivré »

Madsen au festival Hurricane à Scheeßel

Madsen au festival Hurricane à Scheeßel

La troisième chanson, « Küss mich » (embrasse-moi) est une ballade. Elle a été déclinée en single.

« Kompass », qui a donné son nom à l’album, est une jolie chanson, avec un joli texte :

« Sur tous les chemins
Je t’emmène avec moi
Comme une boussole
Que je ne perdrai plus
Ne perdrai plus
Car sans racine
Le vent nous éloigne »

Plus légères et rigolotes, voire accessoires sont « Ich bin korrupt » « Küss mich ».

« Ich trink nur eben aus » est une chanson optimiste mais aussi un peu facile, restant dans le style typique du groupe.

Toujours aussi optimiste est Fluten (Marées), avec des accents de hard rock et un texte parfois très joli :

« Dans la marée
Nous ne craignons rien
Ce que nous perdons
La mer le redéposera sur la plage »

Madsen en concert à Insbruck

Madsen en concert à Insbruck

« Unerreichbar » (Inaccessible) est une nouvelle ballade avec pour thème le fait de passer une journée sans internet et téléphone.

« Graue Welt » (un monde gris) est une chanson pleine de courage sur une thématique déjà portée par Madsen.

« Ils ne voient qu’en noir ou blanc
Ne savent pas ce que c’est
Que d’être différent
Il y en a tant qui te comprendront
Si seulement tu leur montrais de nouvelles couleurs »

« Nochmal » (Encore) est la chanson la plus touchante avec un texte très beau :

« Le désir et la raison
s’accordent rarement
Pourtant comme il existe aussi des miracles dans l’Enfer sur Terre
Je t’embrasse comme s’il n’existait pas de lendemain.
Si c’était une erreur
Alors ça m’est égal
Car qu’y a-t-il de juste ou de normal
Nous seuls avons maintenant le choix
Et on se fiche de ce qu’ils racontent
Viens, on recommence encore une fois.
Juste encore une fois.
On recommence encore une fois
Et encore »

« Über die Berge » (Au-delà des montagnes) est une nouvelle ballade, plutôt quelconque avec des choses un peu faciles :

« Je te réchauffe quand tu as froid, lorsque tu perds pied, je te tends la main. »

L’album se termine sur un morceau puissant où Black-Sabbath rencontre T.Rex-. « Leuchttürme » (Phares) est une très belle chanson avec un très beau texte, tellement beau d’ailleurs qu’il en fait peut-être la meilleure chanson de l’album :

« Je connais chaque nuage
Chaque coucher de soleil
Marées basses et hautes, les étoiles
Car je ne peux faire autrement
Parfois je me sens seul
Je regarde la mer
Plusieurs fois j’ai pensé
Quelqu’un me fait signe
Par tempête, pluie et neige
Je reste simplement ici debout
Chaque fois que je te ramène à la maison
Alors je sais pourquoi. »

Kompass, le sixième album de Madsen

Kompass, le sixième album de Madsen

Le message de la chanson est également celui qui apporte une touche d’originalité à l’album : Il est certes important de voyager mais il est tout aussi important d’avoir une boussole ou un phare qui montre le chemin.

Depuis leur dernier album « Wo es Beginnt », les Madsen n’avaient écrit qu’une seule chanson, et c’était pour un film pour enfants : Rico, Oskar und das Herzgebreche (inédit en France). Le fait que l’album soit produit par Moritz Enders qui travaille avec beaucoup d’artistes allemands comme le rappeur Casper, Tim Bendzko ou Kraftklub dénote de l’aspect « grand public » du groupe.
Avec sa boussole, Madsen ne s’aventure pas très loin. Il n’empêche que le succès est au rendez-vous puisque le groupe est très populaire en Allemagne. Ce dernier album, sorti cet été, se vend néanmoins moins bien que le précédent. Espérons que cela incite le groupe à travailler ses textes qui n’égalent plus les hits des premiers albums. En l’état, avec Kompass, Madsen livre cependant un très bon album, agréable et solide. La musique de Madsen a pour but de faire chanter. Les paroles sont écrites dans un bel allemand, très joli à l’écoute et qui est effectivement très facile à chanter.

Share

Karacho, le dernier album des Donots

Un pas en avant pour les Donots

Un pas en avant pour les Donots

Karacho, le dixième album des Donots est sorti le 20 février 2015 et après neuf albums en anglais, ils chantent pour la première fois en allemand.

Depuis 1993, le groupe originaire d’Ibbenbüren dans le Nord de l’Allemagne, près de la frontière néerlandaise, délivre un rock alternatif la plupart du temps proche du punk, mais qui peut aussi bifurquer vers la pop, comme cela fut le cas en 2012 à l’occasion d’un duo avec le britannique Frank Turner sur la chanson So Long (Frank Turner venant d’ailleurs, lui aussi, du punk).
Pour fêter leur vingtième anniversaire, les Donots avaient prévu de sortir un EP exceptionnellement en allemand. Vingt chansons ont été finalement présentées à Vincent Sorg qui a, entre autres, produit le dernier album des Toten Hosen. Une douzaine de chansons ont été retenues et ce qui devait être un EP s’est transformé en album.

Lorsque les Donots annoncèrent leur projet de sortir un album en allemand en 2014, nombreux étaient les inquiets, y compris parmi les fans. Le risque était grand de perdre son public en route. Pourtant, les Donots s’étaient en réalité déjà essayé à la chose en 2014 avec « Das Neue bleibt beim Alten » et avaient démontré toute leur capacité à réussir dans leur langue natale.

L’album commence très fort. La première phrase hurlée par Ingo Kollmann, le chanteur, est « Von jetzt an mach ich nicht mehr mit » (À partir de maintenant, je ne fais plus partie du truc). Les Donots expriment-ils ainsi leur refus de continuer à chanter en anglais ?

Karacho, le premier album en allemand des Donots

Karacho, le premier album en allemand des Donots

On le constate dès la première chanson, les Donots délivrent en allemand des textes plus percutants et s’éloignent des clichés anglicistes. Ici, les Donots hurlent clairement leur incompréhension devant la façon dont évolue le monde. La chanson « Ich mach nicht mehr mit » est symbolique de cet album.

Ingo Kollmann, qui écrit également les paroles de ses chansons, admet qu’il n’a pas été facile de passer de l’anglais à l’allemand. Il a eu besoin de plusieurs semaines pour se familiariser avec sa langue et l’intégrer dans une dynamique rythmique. Il n’a pas non plus hésité à se farcir des heures et des heures de pop allemande afin de bien déterminer ce qu’il ne voulait surtout pas voir dans ses paroles et éviter les clichés.

La seconde chanson, Dann Ohne Mich (ce sera sans moi) s’attaque clairement au mouvement des Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident (en allemand, « Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes », abréviation PEGIDA). Ceux qui participent à ce mouvement ont peur de l’immigration islamique qui a, selon eux, pour conséquence d’islamiser l’Allemagne. Lancé en octobre 2014, le mouvement a beaucoup fait parler de lui, y compris en France car ses membres manifestaient chaque lundi à 18 heures 30 dans un parc de la ville de Dresde. Dans cette seconde chanson, « Dann Ohne Mich », Les Donots leur répondent par des phrases comme « Kein Mensch ist illegal » (aucun être humain n’est illégal).

La couverture de l'album

La couverture de l’album

Le reste de l’album démontre aussi que, musicalement parlant, le groupe n’est plus uniquement consacré au punk-rock depuis longtemps. Les Donots cultivent leur niche qui se trouve entre le mainstream et le punk pur et dur. Si « Ich mach nicht mehr mit » sonne très rock-alternatif, tout comme « Du Darfst Niemals Glücklich Sein » (tu n’as pas le droit d’être heureux), on trouve aussi des chansons qui sonnent reggae pour mettre de bonne humeur comme « Problem Kein Problem » (Problème, pas de problème). « Weiter » ressemble à de la pop à la sauce U2, « Immer Noch » à de la folk teintée de rock et l’acoustique « Hansaring, 2:10 Uhr » refait les yeux doux à la Folk Pop Rock de Frank Turner. D’autres chansons sont simplement bruyantes comme « Kaputt » et « Hier Also Weg ».

Au final, on constate que les Donots ont parfaitement su adapter leur musique à la langue allemande. Leurs chansons sonnent toujours aussi fraîches et légères tout en demeurant percutantes. Ainsi, les Donots restent les Donuts, même en allemand.

Share