Le rock inspiré de Razz

Nouveau venu sur la scène allemande avec leur album With your hands will conquer, Razz produit un mélange expérimental de rock alternatif et indépendant, tout en combinant garage rock, rock ’n’ roll et blues rock. Souvent, ils sont comparés à Kings of Leon, Editors, Interpol, mais pas seulement. Leur premier album sorti en 2015 évoque à la fois la fraîcheur des débuts de Mando Diao et s’inspire du meilleur de Two Door Cinema Club.

Un album nerveux

Black Feathers, ouvre l’album avec des riffs minimalistes. Quant à la voix de Niklas Keiser, elle nous saisit immédiatement.

Sans que jamais ne baisse le rythme s’enchaînent 1953 – Hilary, I’ll be your ghost, Blink Of an Eye, Turning Shadows ainsi que Gigantic Windows et son joli final (“Wake up little boy, You’ve run too fast”). Chaque morceau s’appuie sur un refrain entraînant et une guitare mélodique.

Rising Tide est la première chanson à atténuer le rythme, mais après l’intro, le morceau repart de plus belle avec de jolis passages (« I keep on running from you, heading for spaces ») avant de s’achever sur un final qui fait honneur au rock.

Ember & Dust ensuite est peut-être la chanson la plus faible. La déception est cependant vite surmontée avec Youth & Enjoyment, le petit chef-d’œuvre de l’album et le morceau le plus apprécié des fans.

Suivent alors l’excellent Broken Gold et son rock teinté de blues, ainsi que Postlude, morceau qui démontre à lui tout seul les capacités des quatre garçons. L’album se termine avec la seule ballade, The Blood Engine qui ouvre les concerts du groupe.

Solidité et constance

Du début à la fin, With your hands will conquer est un album simple, direct et plein d’émotions, de bonne tenue, du premier au dernier morceau. Nos rockeurs venant du Pays d’Ems, coin d’Allemagne du Nord frontalier avec les Pays-Bas, n’ont peut-être rien inventé. Quoi qu’il en soit, du haut de leur vingt ans, ils parviennent à nous offrir du Coldplay et du Two Door Cinema Club de bon aloi, un exploit que ces derniers eux-mêmes n’arrivent plus à reproduire. Tous les titres sont a minima très bons, et au moins l’un d’entre eux, Youth & enjoyment pour ne pas le citer, a l’envergure d’un hit.

Un début intéressant

Alors que la plupart des jeunes attendent patiemment de passer le Bac, Niklas Keiser (chanteur), Steffen Pott (batteur), Christian Knippen (guitare) et Lukas Bruns (bass) se sont décidés dès 15 et 16 ans à monter leur groupe de rock.

Razz a débuté en participant à plusieurs concours organisés par des radios de jeunes. Au cours de ces concours, leur chanson Turning Shadows leur permis de remporter plusieurs fois le gros lot. Forts de ce début encourageant, les membres de Razz se sont attaqués aux festivals durant l’été 2014. Là, ils reçurent un accueil tout aussi chaleureux avant d’assurer la première partie de Kraftklub durant la tournée Randale en 2015.

En concert, Razz fait preuve d’une réserve et d’une timidité probablement dues au jeune âge des protagonistes. On a l’impression d’avoir affaire à des gamins, cependant dès qu’ils jouent, l’auditoire est conquis par la qualité de leur musique, minimaliste mais propre. Leurs chansons parlent d’amour, de jeunesse et de colère. La musique s’avère colorée de nombreuses influences mais la voix chaude et grave de Niklas Keiser assure la différence.

La suite, bientôt

Avec With your hands will conquer, Razz cherche son style, sa personnalité. À la fin de l’écoute, on ne peut que constater qu’ils sont sur le bon chemin. Il semble assez évident que nous tenons ici un groupe prometteur qui devrait faire honneur à la scène musicale indépendante allemande. Le second album est prévu en 2016.

 

Tracklist
1. Black Feathers
2. 1953 – Hillary
3. I’ll Be Your Ghost
4. Blink Of an Eye
5. Turning Shadows
6. Gigantic Windows
7. Rising Tide
8. Ember & Dust
9. Youth & Enjoyment
10. Broken Gold
11. Postlude
12. The Blood Engine

 

Playlist Razz – :

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