Dÿse – chaos et résurrection

Rock, métal, punk, pop, jazz et blues… voilà les genres musicaux composants la musique de Dÿse.

La quantité génère le chaos, donc l’énergie… Pourtant, ils ne sont que deux… Comment deux personnes peuvent-elles faire autant de bruit ?

Andrej Dietrich (guitare, chant) rencontre Jarii van Goh en 2003 à Amsterdam. Ils discutent autour de plusieurs bières et se découvrent de nombreux points communs, parmi lesquels la musique, la philosophie et la littérature. Ils finissent même par partager des recettes de cuisine ! Il leur vient alors à l’idée qu’il serait peut-être intéressant de faire quelque chose ensemble…

Leur hôtel s’appelle Dysecatmotel, le nom de leur groupe s’appellera donc DŸSE… Voilà une chose réglée.

Dÿse – chaos et résurrection

âpre, abrupt, agressif, animal…

À eux deux, ils assurent le chant, la batterie et la guitare (qui passe par plusieurs amplificateurs de basse) et produisent clairement le genre de musique à mettre sur votre chaîne hi-fi si vous avez un message à faire passer à votre voisin. D’autant plus que le chanteur n’hésite pas à hurler à tue-tête, et souvent les mêmes paroles ; ça peut être particulièrement désagréable pour quelqu’un qui n’aime pas le rock.

C’est une musique brutale, certes, mais elle reste pourtant sophistiquée…

Les textes du duo sont principalement en allemand, parfois en anglais, plus rarement en espagnol ou en français. L’important, pour le duo, est que la mélodie de la langue s’adapte le mieux possible à la chanson. Pour autant, les paroles ne sont pas superficielles. Dÿse est politisé et les thématiques abordées vastes, qu’il s’agisse de corruption, du pouvoir des médias, de la cupidité ou, bien évidemment, du capitalisme.

Les textes parlent aussi d’accidents de voiture et d’excès de drogue ; ils colleraient bien au film Crash de David Cronenberg. Mais le groupe aborde aussi l’injustice sociale.

La bonne impression laissée par leur premier single Honig est confirmée par la sortie de l’album Lieder sind Brüder der Revolution en 2009.

Voilà le monde du rock interpellé !

Une tournée est organisée en Europe et en Asie.

Dÿse – chaos et résurrection

Fin 2013, Dÿse se targue d’avoir assuré plus de 500 concerts, dont les premières parties des Beatsteaks et de Die Ärzte. Farin Urlaub, chanteur de ce dernier groupe réputé « le meilleur du monde » participe d’ailleurs à la chanson Alles ist meins de l’album Wiedergeburt, pendant que certains membres des Beatsteaks, Kraftklub, Heaven Shall Burn et Rammstein interviennent sur d’autres chansons.

Énergisant

Lors d’une écoute distraite, les paroles répétées à profusion (par excès dira votre voisin) vous sembleront saugrenues… Der Haifisch (le requin), die Zähne (les dents)… Mais qu’est-ce que ça veut bien dire ? Heureusement, écouter toute la chanson permet de mieux comprendre son sujet.

Quoi qu’en dise votre voisin, il faut bien admettre que l’on est immédiatement conquis par la musique de Dÿse. Écouter à volume raisonnable, il ne faudra pas plus d’une chanson pour avoir envie de sauter dans tous les sens. L’énergie délivrée par le duo est perceptible, ou plutôt vénéneuse, tandis que les airs sont véritablement accrocheurs.

Le dernier album en date, Widergeburt, est sorti en 2021.

Discographie :

  • 2006 – Dÿse
  • 2009 – Lieder sind Brüder der Revolution
  • 2014 – Das Nation
  • 2016 – DYSE
  • 2021 – Widergeburt

Notre playlist :

Site du groupe :

Playlist Rocklauter d’été

Chaque trimestre, nous vous présentons une liste de lecture composée d’une vingtaine de titres sélectionnés par notre équipe. Ainsi, nous partageons avec vous des morceaux anciens ou récents que nous écoutons en ce moment, et que nous n’avons pas forcément encore pu évoquer sur le site.

Ce mois-ci, nous vous proposons une liste de lecture composée de nouveaux titres de Swiss, Schmutzki, Kraftklub, Die Toten Hosen, Muff Potter, Bilderbuch, Die Arbeit, Kreator…

JUPITER JONES xx Ja, sicher (Official Video)

Das neue Album "Die Sonne ist ein Zwergstern" erscheint am 30.12.2022 und ist ab jetzt hier vorbestellbar: https://jupiterjones.bfan.link/DieSon...

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The Ocean, groupe géologique

Robin Staps fonde The Ocean à l’aube des années 2000… Durant les deux décennies à venir, le groupe s’illustre sur la scène post-metal jusqu’à nous offrir, à la fin des années 2010, une série d’album s’intéressant à l’Histoire, celle se déroulant avant la préhistoire… La musique est tellement imagée que nos pieds ressentent le choc des météores s’abattant sur les pauvres tyrannosaures.

Préhistoire

L’histoire commence à Berlin où Robin Staps se met en quête de personnes partageant ses perceptions. Tous s’installent dans les sous-sols d’une usine d’aluminium désaffectée. Le complexe composé d’un studio, d’une salle de répétitions et de quoi dormir est baptisé Oceanland. Accessoirement, les détritus délaissés par les industriels sont utilisés pour créer des instruments.

Sur leurs deniers sort en 2002 Islands/Tides, le premier album du groupe.

Depuis leurs quartiers, The Ocean compose de quoi alimenter leurs premiers concerts qui rassemblent environ 300 personnes. Leur premier album sous la houlette d’un label, Fogdiver, est instrumental ; cela n’empêche pas le groupe de chanter sur les morceaux en concert. De même, pour enrichir leur musique sur scène, The Ocean n’hésite pas à faire appel à des instruments extravagants comme la flûte traversière.

The Ocean, groupe géologique
The Ocean, groupe géologique

Lorsque Truxion sort en 2004, il n’est pas surprenant de voir l’album laisser de la place à des violons, clarinettes et flûtes.

Après avoir remporté le Riot Fest d’Anvers, le groupe part pour une tournée durant laquelle il est parfois tête d’affiche.

Le quatrième album Aeolian et le double CD Precambrian, respectivement sortis en 2005 et 2007, ont la particularité de faire appel à des chanteurs d’autres groupes comme Tomas Hallbom de Breach ou Sean Ingram de Coalesce.

En 2010, The Ocean annonce la sortie de deux albums : Heliocentric et Anthropocentric. Le turnover dans le groupe est important avec les remplacements de trois membres, mais cela ne contrarie pas The Ocean. Ainsi, après la sortie de leur album Pelagial, ils assurent une tournée mondiale en 2013 et 2014.

C’est finalement en 2018 que sort Phanerozoic I et, deux années plus tard sa suite Phanerozoic.

De nos jours

Ces deux albums mettent fin au cycle entamé avec Precambrian et Heliocentric. En effet, le Phanérozoïque est une période couvrant les 541 derniers millions d’années, postérieure au Precambrian. C’est durant cette période que l’on assiste à l’émergence d’un grand nombre de formes biologiques, l’apparition et le développement des plantes, l’évolution des poissons, la conquête de la terre ferme par les animaux… C’est aussi à cette époque que les continents se déplacent, donnant les six continents actuels.

The Ocean se sert de ces éléments pour tisser des parallèles entre les événements historiques et le présent.

The Ocean, groupe géologique

Sur le plan musical, les deux albums sont proches d’un rock progressif, tout en disposant d’éléments classiques de post rock et de parties instrumentales atmosphériques…

Il est évident que la musique de The Ocean est plutôt complexe. Elle ne se laisse pas dompter en deux ou trois écoutes ; il faut montrer un peu de patience et d’abnégation.

Mais l’auditeur persévérant sera récompensé par des morceaux débordant d’énergie puisée à la source d’une batterie incessante et un chant souvent brutal. Quelques moments plus calmes permettant de reprendre son souffle démontrent surtout le fossé entre les différentes phases, renvoyant à cette période de l’Histoire durant laquelle la planète a connu de grands bouleversements.

Malgré la férocité de certains passages, et sans être facile, la musique est toujours mélodique. Il en est de même de la construction des morceaux qui n’a rien à voir avec les sempiternels couplets-refrains qui nous sont servis. Certaines chansons font en effet 8 ou 13 minutes. Au final, l’auditeur se voit servit une musique riche et difficile à dompter, comme la nature.

The Ocean, ça ressemble à ça :

The Ocean – Phanerozoic I: Palaeozoic album complet

The Ocean – Phanerozoic II: Mesozoic | Cenozoic album complet

Material, premier produit finalisé et livré par Die Arbeit

Material, premier produit finalisé et livré par Die Arbeit

Sorti en 2020, Material est le premier album du groupe post-punk Die Arbeit, originaire de Dresde. Die Arbeit signifie le travail en allemand…

Le travail au centre de notre société capitaliste est censé permettre un développement personnel. Malheureusement, cet accomplissement prétendu ressemble plutôt à un esclavage forcé, soumission organisée dont le salarié n’a pas écrit les règles.

Ainsi, l’aliénation est une thématique naturellement explorée par Die Arbeit dans ses paroles.

Im Büro begrenzen die Tapeten deine Freiheit

Au bureau, le papier peint restreint ta liberté

La musique colle parfaitement aux thèmes sociaux abordés par les textes chantés et parfois hurlés par le chanteur qui manipule un rock plus désillusionné que mélancolique. Dès lors, Die Arbeit rappelle souvent Die Nerven.

In jeder Uniform lebt ein Mann aus Plastik

Dans chaque uniforme vit un homme en plastique

Tout comme Die Nerven, Die Arbeit propose un son orienté Post-punk et Noise-rock, teinté de new wave rappelant les groupes britanniques Bauhaus et Depeche Mode. La priorité du rythme monotone est cependant la mélodie, se permettant quelques surprises, comme pour Im Büro qui se termine en rock progressif ou pour Keine Zeit Für Ironie et son refrain pop.

Material, premier produit finalisé et livré par Die Arbeit

Comme la musique reste la matière première principale du groupe, on peut parfaitement écouter Die Arbeit pour sa musique sans ressentir le besoin de comprendre les paroles. Par ailleurs, elle illustre suffisamment l’ambiance dégagée par les textes pour pouvoir se passer de ces derniers. Par exemple, la monotonie et la rudesse de la chanson Leichen suggère le quotidien répétitif au travail. Ainsi, les paroles qui figurent la mort comme métaphore de la vie dans le monde du travail ne sont plus nécessaires pour s’imprégner de l’atmosphère dégagée par la chanson.

Wir müssen uns verwandeln, wir haben keine Wahl

Um den Wandel einzuleiten, wandel ich mich radikal

Nous devons nous transformer, nous n’avons pas le choix

Pour amorcer le changement, je me transforme radicalement

Certes, à l’écoute de Material, on ne peut s’empêcher de penser à d’autres groupes allemands comme Heisskalt, pour n’en citer qu’un. De même, la musique dépressive n’est pas forcément la tasse de thé de tout le monde… Cependant, force est de constater que l’album livre des morceaux où textes et musiques forment un tout cohérent.

Playlist Rocklauter de septembre

Chaque trimestre, nous vous présentons une liste de lecture composée d’une vingtaine de titres sélectionnés par notre équipe. Ainsi, nous partageons avec vous des morceaux anciens ou récents que nous écoutons en ce moment, et que nous n’avons pas forcément encore pu évoquer sur le site.

Ce mois-ci, nous vous proposons une liste de lecture composée de nouveaux titres de Friends of Gas, Razz, Bilderbuch, Irie Révoltés, Drangsal, Van Holzen…

Schmutzki – chaos et bonne humeur

Agressifs, mais pas dans un sens négatif, chaotiques, les Schmutzkis ont une grande gueule et leur musique très punk est aussi mélodique que celles des illustres Toten Hosen. Absolument pas mélancolique, leur musique invite plutôt à faire la fête en montrant le bon côté de la vie : boire et s’aimer.

Schmutzki – chaos et bonne humeur

On peut imaginer que le nom du groupe est un simple dérivé de celui du chanteur : Beat Schmutz, Or, c’est un peu plus compliqué que ça. D’une part, parce que Schmutz, en allemand, signifie « saleté » et que cela sonne plutôt bien pour un groupe punk. Ensuite parce que le « ki » à la fin est emprunté à l’inspecteur Schimanski. Ce héros de la série Tatort, interprété par Götz George, est une véritable légende en Allemagne, en particulier pour la gauche de l’échiquier politique qui y voit un homme du peuple, rude et vrai, qui remet de la justice là où les élites ont abusé de leur position.

Schmutzki – chaos et bonne humeur

Originaires de la région de Constance, Beat Schmutz, Dany Horowitz et Flo Hagmüller fondent en 2011 le groupe Schmutzki à Stuttgart

Dès l’année suivante, ils participent à une pléthore de concours et finissent par remporter le “Play Live” organisé par le Popbüro Stuttgart de la région Baden-württemberg. En 2013, ils figurent au programme du Southside, l’un des plus prestigieux festival rock d’Allemagne.

Schmutzki – chaos et bonne humeur

En 2014, les trois garçons signent avec Warner qui sort, la même année, leur premier EP intitulé Mob, un best of de leur premier album à paraître en 2015. Dès l’automne, ils assurent les premières parties de groupes importants comme les Beatsteaks ou Die Toten Hosen, Bad Religion et Kraftklub. En 2015, après la sortie de l’album Bäm, une première tournée leur permet de conquérir les publics allemands, autrichiens et suisses.

Le groupe attire l’intérêt des critiques auxquels ils accordent quantité d’interviews et, grâce à son énergie, Schmutzki bénéficie d’une base de fans importante qui leur apporte un soutien fidèle et régulier.

Les paroles des chansons ne sont pas sérieuses et s’intéressent la plupart du temps à des thèmes frivoles comme le sexe et la bière, avec des chansons comme Beste Bar Der Stadt (meilleur bar de la ville) ou Kalifornia où l’on s’extasie sur l’Instagram de son ex. La politique est aussi bien sûr un peu abordée, en particulier les projets citadins aux conséquences écologiques désastreuses comme à Stuttgart, mais Schmutzki est d’abord un groupe léger avec des riffs pop-punk standards qu’on a probablement déjà entendu souvent chez The Hives ou Madsen. Mais Schmutzki mouille aussi la chemise et c’est ce qu’attendent les fans qui vont les voir en concert : du punk simple avec des textes faciles à retenir et qui incline plus à participer au prochain pogo qu’à l’introspection.

Schmutzki – chaos et bonne humeur

En définitive, Schmutzki n’est pas un groupe punk, mais plutôt un groupe de rock alternatif proposant un mélange coloré de diverses influences. Du rock pour mettre de bonne humeur.

Discographie :

2014: Mob (EP)
2015: Bäm (Album)
2016: Spackos Forever (Album)
2018: Mehr Rotz als Verstand (Album)

Die Nerven : rock, punk, sombre, mélancolique

Die Nerven : rock, punk, sombre, mélancolique

En réponse à ces groupes qui pratiquent l’hédonisme et la bonne humeur, Die Nerven s’engage dans une musique résolument plus mélancolique et sombre.

Comme le dit Julian Knot, la génération actuelle subit une dissonance constante entre d’un côté, le besoin de performance et, de l’autre, l’obligation d’afficher une bonne humeur à toute épreuve.

Ainsi, on ne sera pas forcément surpris d’apprendre que Die Nerven est originaire de Stuttgart, une ville si propre que l’on pourrait en lécher les trottoirs. Pourtant, sous le bitume de la capitale du Bade-Wurtemberg se cache une toute autre réalité. L’industrie automobile et son lobby se remplissent les poches grâce à la fraude et des dizaines de milliers de 4×4 urbains polluent au point où Stuttgart peut se vanter d’avoir l’atmosphère la plus sale de toutes les villes allemandes.

Dans ce contexte, Die Nerven est bien l’enfant légitime d’une ville hypocrite.

C’est en 2010 que Julian Knoth (chant et basse) et Max Rieger (chant et guitare) fondent Die Nerven ; le but affiché est de faire le plus de bruit possible.

Avec l’aide de Kevin Kuhn qui s’assied de temps en temps devant la batterie, ils publient des albums en MP3 avant de trouver un label à Münich. This Charming Man Records distribue alors la démo Asoziale Medien en 2012. Cette même année, Julian et Max sont rejoints par Kevin Kuhn qui devient alors le batteur officiel du groupe. À la fin de l’année sort le premier album du trio : Fluidum inscrivant le groupe dans un mélange de post-punk et de noise-rock.

Die Nerven : rock, punk, sombre, mélancolique

C’est en 2014 que Die Nerven se fait remarquer grâce à son second album. Fun est unanimement salué par la critique qui le considère comme l’un des albums les plus importants de la décennie pour la scène allemande.

Une tournée est organisée et Die Nerven se produit dans les plus grands festivals allemands avant de faire un détour en Israël. On découvre alors que le groupe est également excellent en concert.

En 2015, Die Nerven change de label et signe avec Glitterhouse Records qui publie le troisième album. Out démarre par un morceau rappelant le rock alternatif des années 90, avant d’être ponctué par un cri distordu. Une guitare, sonnant comme une alarme, se fait alors entendre… L’ambiance est résolument sombre et le son bruyant sait se transformer en un rock’n’roll crasseux. On pense alors aux années 80, mais, grâce à une musique qui captive l’auditeur, l’album est loin de se contenter d’imiter une époque.

En 2016, le trio compose et réalise la musique de la pièce de théâtre Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction Armée Rouge au cours de l’été 1969, basé sur le roman de Frank Witzel, racontant l’Allemagne de l’après-guerre jusqu’à l’irruption la RAF.

L’année suivante sort le troisième album de Die Nerven, Live in Europa, composé de morceaux extraits de concerts donnés par le group. L’album démontre si c’était encore à faire, que l’énergie qui se dégage des performances du groupe sur scène surpasse celles des chansons enregistrées en studio, déjà suprenante.

Die Nerven : rock, punk, sombre, mélancolique

Doté de titres plus accrocheurs et plus pop, le quatrième album est fêté par la critique et parvient à se hisser à la treizième place des ventes en 2018. Enregistré dans un studio mobile en Toscane, Fake impose la personnalité du groupe, avec un mélange musical de punk et de post-punk proche de Sonic Youth, ainsi que de riffs empruntés à Black Sabbath. Les paroles, quant à elles, s’érigent contre les différentes contraintes sociales.

Die Nerven n’essaye pas de s’ériger en chef de meute. Les textes ne sonnent pas comme des slogans. Et ne forcent pas les points de vue. L’objectif est plutôt de secouer les pensées : À l’heure où chacun est autorisé à répandre ses théories sur le net, où est la vérité ?

Discographique :

  • 2012 : Fluidum (This Charming Man Records)
  • 2014 : Fun (This Charming Man Records)
  • 2015 : Out (Glitterhouse Records)
  • 2017: Live in Europa (Glitterhouse Records)
  • 2018 : Fake (Glitterhouse Records)

Source : laut.de

Swiss und die Andern au Deichbrand Festival

« Nous sommes Swiss + die Andern, de Hambourg St Pauli. Là d’où nous venons, ça pue, mais partout où nous allons, nous cassons la baraque ! »

Et ils ont effectivement cassé la baraque lors du Deichbrand édition 2019, le dimanche 21 juillet à 14h, le dernier jour du festival.

Swiss und die Andern au Deichbrand Festival

Swiss und die Andern (littéralement Swiss et les autres, Swiss étant le pseudonyme du chanteur) est un groupe qui veut provoquer et réveiller les consciences. Avec des textes qui parlent de leur expérience et de leur vision du monde, ils n’ont pas peur de déplaire au grand public, voire de le dresser contre eux.

Le ton est tout de suite donné, avant même que le groupe ne débarque sur la grande scène. Une banderole « Parental Advisory : Krank links » (avertissement parental : à gauche comme des malades) indique où se situe politiquement le groupe.

Une petite phrase de Swiss enfonce le clou : « La dernière fois que nous sommes venus, la police nous a bloqués pendant des heures ».

Les chants antifas dans le public finissent d’annoncer la couleur de la prestation à venir de Swiss und die Andern, tout comme le T-shirt du guitariste qui arbore un « antifascist action » du plus bel effet.

Swiss, frontman du groupe, est très musclé et l’on ne voudrait pas être à la place du nazillon qui le rencontrera lors d’une manif. Du coup, tout le monde obéit quand il ordonne de sauter dès le premier morceau (le bien nommé Swiss oder Stirb).

L’ambiance est garantie. Pourtant, il est tôt dans la journée, ce qui n’a pas découragé les festivaliers. Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi regroupés devant le Fire Stage, deuxième grande scène du festival.

Swiss und die Andern au Deichbrand Festival

Sur scène, ça balance dur avec Jakob Schulze à la guitare, rouquin, barbu et créteux, Matze Grimm à la basse et, plus en retrait, Tobias Gerth.

Le DJ Da Wizard assure largement l’ambiance lors de plusieurs échanges comiques avec Swiss qu’il chambre gentiment sur son égo ou lorsqu’il balance des tubes interplanétaires sur sa platine, annonçant ainsi les chansons les plus calmes du répertoire de Swiss.

La présence exceptionnelle du rappeur Shocky en chaise roulante, arborant un sourire à jamais tatoué sur le visage, apporte également un symbole fort à la prestation ; il est tout à la fois effrayant, inquiétant et fabuleusement stimulant. Il rappe comme à son habitude, de manière solide et honnête.

Tout est là pour mettre le feu et c’est bien ce qui se produit sur la scène comme dans la fosse. Le public danse, bondit, pogote, chante, lève un doigt d’honneur en direction de l’AfD (Alternativ für Deutschland, le parti d’extrême-droit allemand).

Après cinq chansons, le groupe propose une reprise de l’une des chansons les plus connues de Die Ärzte, Schrei nach Liebe dans laquelle est apostrophé un néo-nazi :

« Il faut toujours tout t’expliquer car tu ne comprends rien

ta violence vient d’un manque d’amour car tes parents n’avaient jamais de temps à t’accorder »

Le succès est évident et tout le public se met à crier l’insulte sur laquelle se termine le refrain : « Arschloch ! » (traduction : Enculé)

Au bout d’une heure de concert, Swiss avoue qu’il a très envie de se fumer un joint en coulisse. Il fait ses adieux et prend congé du public avec le reste du groupe.

Swiss und die Andern au Deichbrand Festival

La setlist du concert :

Swiss oder Stirb

Finger zum MW

Punk zurück

Kuhle Typen

Schwarz Rot Braun

Schrei nach Liebe (Die Ärzte cover)

Fick dich

Morgenland

Der Scheiss is’ live

Hassen oder Lieben

Vermisse dich

Punkah auf Sri Lanka

Wir gegen die

Asche zu Staub

Grosse Freiheit

Pogo

Deichbrand est un festival qui se déroule chaque année, le troisième week-end de juillet, dans le nord de l’Allemagne,près de Brême. La programme est éclectique, mais la personne qui s’intéresse au rock allemand est assurée d’y retrouver l’ensemble de la scène allemande, de Tocotronic aux Toten Hosen, en passant par les groupes plus confidentiels comme Swiss und die Andern par exemple. L’organisation impeccable et l’ambiance bonne enfant, presque familiale, permet de ne jamais souffrir de l’affluence importante (entre 55 000 et 60 000 personnes).

Die Toten Hosen, est-ce que c’est encore du punk rock ?

C’est grâce à un rock punk simple mais engagé politiquement que die Toten Hose s’est assuré un succès toujours grandissant au cours de leurs trente années de scènes. La popularité du groupe dépasse largement l’extrême gauche. Leur aptitude à se renouveler avec simplement trois accords leur a même permis de s’assurer des fans à travers plusieurs générations, de vendre des millions d’albums et de s’assurer plusieurs fois la tête du hit parade. Et le succès et tout sauf immérité.

Die Toten Hosen, est-ce que c’est encore du punk rock ?

La légende raconte que les cinq jeunes hommes se sont rencontrés à Düsseldorf, septième plus grande ville d’Allemagne (située dans la Ruhr), qu’ils ont fondé un groupe, donné des concerts, sortis des albums et seulement après, appris à jouer de leurs instruments.

Comme trois des membres du groupe portent le prénom Andreas, ils se décidèrent à adopter des pseudos. Ainsi, Andreas Frege au chant s’appelle désormais Campino, Michael Breitkopf à la guitare se fait appeler Breiti, Andreas von Holst également à la guitare se prénomme Kuddel, Andreas Meurer à la basse hérite du sobriquet Andi et Wolfgang Rohde batteur répond au diminutif Wölli.

De 1983 à 1986, avec les albums Opel-Gang, Unter falscher Flagge et Damenwahl, ils se font d’abord connaître dans la scène punk allemande avec des chansons aux textes plutôt drôles. Puis, avec Never Mind The Hosen – Here’s Die Roten Rosen (1987) qui reprend d’anciens tubes, ils font leur entrée dans le classement des meilleures ventes. Dès lors tout va très vite et les choses deviennent plus sérieuses et ambitieuses. C’est en particulier le cas à partir de Ein Kleines Bisschen Horrorschau (1988) qui s’inspire du roman L’Orange mécanique d’Anthony Burgess (c’est sur cet album que l’on trouve Hier kommt Alex régulièrement chanté en concert, aujourd’hui encore).

In einer Welt, in der man nur noch lebtDans un monde où l’on ne vit
Damit man täglich roboten gehtChaque jour que pour côtoyer des robots
Ist die größte Aufregung, die es noch gibtLes grands événements qu’ils nous restent
Das allabendliche Fernsehbildsont, tous les soirs, à la télévision
Jeder Mensch lebt wie ein UhrwerkChaque homme vit comme une horloge
Wie ein Computer programmiertComme un ordinateur programmé
Es gibt keinen, der sich dagegen wehrtPersonnes ne s’y oppose
Nur ein paar Jugendliche sind frustriertSeuls quelques jeunes sont frustrés
Die Toten Hosen, est-ce que c’est encore du punk rock ?

La compilation qui sort ensuite, Auf dem Kreuzzug ins Glück (1990), se place pour la première fois en tête des ventes.

Entre 1982 et 1997, les Toten Hosen donnent mille concerts. Qu’ils chauffent la salle pour U2 et les Rolling Stones, ou qu’ils soient les rois de la soirée, leurs concerts sont inoubliables.

C’est pourquoi le concert du 28 juin 1997, fêtant les 15 ans du groupe dans le stade de Düsseldorf, devait être un moment magique ; il s’est finalement transformé en tragédie lorsqu’une jeune néerlandaise est décédée dans la cohue des 60 000 fans. Le groupe continue de jouer pour éviter la panique mais, par la suite, annule tous ses concerts.

Après s’être remis du choc, ils reviennent doucement en commençant une tournée à l’autre bout du monde, sur des festivals en Australie. En Allemagne, leurs premiers concerts sont annoncés sous le nom Die Roten Rosen, pseudonyme qu’ils avaient déjà utilisés en 1987.

Die Toten Hosen, est-ce que c’est encore du punk rock ?

Le groupe continue d’aligner les albums. Ainsi sort en 2002 Auswärtsspiel et un best of Reich & sexy II. Puis, en 2004, Zurück zum Glück est publié.

Finalement, après un concert unplugged en 2005, le groupe prend un peu de vacances, jusqu’en 2007, année où se déroule le sommet du G8 en Allemagne.

Le groupe, proche d’Oxfam, ONG qui aigit contre les injustices et la pauvreté, profite de l’événement pour communiquer sur les conséquences de la mondialisation sur les pays pauvres et le climat.

En 2008, Campino est contacté par Wim Wenders pour tenir le rôle principal de Rendez-vous à Palerme, film présenté à Cannes la même année. Le chanteur joue aux côtés de Dennis Hopper.

Die Toten Hosen revient à la scène pour une série de concerts qui, à chaque fois, se jouent à guichets fermés. Le groupe fête alors ses 25 ans mais il n’est pas question de prendre sa retraite, même lorsque Campino se casse une jambe. Malgré son plâtre il enflamme Hambourg, Berlin et le festival Rock am Ring.

En 2008 sort le nouvel album, In aller Stille. S’en suit une tournée qui mène le groupe en Amérique du Sud et en Asie centrale.

En 2012 est publié l’album Ballast der Republik (le poids mort de la république) après une nouvelle compilation (All die ganzen Jahren) en 2011. L’album est un succès dans les pays germanophones et se retrouvent en première place des listes allemandes, suisses et autrichiennes.

Arrive alors le point culminant de la carrière du groupe avec la chanson « Tage Wie Diese » qui devient le hit de l’été 2012. Aujourd’hui, c’est l’une des chansons les plus jouées lors des enterrements. Bien qu’il ne s’agit plus vraiment de punk rock, la chanson, un hymne à la nostalgie, ne trahit en rien les origines du groupe puisqu’elle évoque l’euphorie avant d’entrer en scène.

La tournée fêtant les 30 ans de la bande commence en avril 2012 au Bremer Schlachthof et se poursuit jusqu’en mai dans des petites salles. En septembre, le groupe se rend en Argentine avant de commencer une nouvelle tournée dans les pays germanophones en novembre, comme d’habitude, à guichets fermés. L’ensemble a été immortalisé dans la vidéo Der Krach Der Republik (le vacarme de la république).

Le 25 avril 2016, à la suite d’un cancer, Wolfgang “Wölli” Rohde, batteur, décède.

Le groupe n’arrête pas pour autant et les vers d’une des chansons de leur album de 1986 Damenwahl sont toujours d’actualité :

Solange Johnny Thunders lebtTant que vivra Johnny Thunders
solange bleib ich ein PunkJe resterai punk
solange es was zu trinken gibtTant qu’il y aura de quoi boire
dauern alle unsere Feste an.Nos fêtes continueront

Et ce, même si Johnny Thunders, guitariste des New York Dolls, l’un des premiers groupes punks, est décédé le 23 avril 1991.

Ainsi sort en 2017, Laune der Natur, le seizième album du groupe. Plus mature que les précédents, il ne traite plus de bière, de fête et de révolution mais plutôt de la mort, de la perte et des relations humaines. C’est un album mélancolique pour des musiciens quinquagénaires qui ont déjà eu à subir plusieurs pertes et qui ont une bonne partie de leur vie derrière eux.

Kadavar, retour aux sources

Imprégnée de stonerock, de hardrock et de rock psychédélique, la musique de Kadavar est fortement inspirée par celle de Black Sabbath, Pentagram et Hawkwind, des groupes américains et britanniques très prolifiques dans les années 1970.

Kadavar, retour aux sources

Kadavar naît en 2010 à Berlin. Les membres viennent de Thüringen, Münster et de l’Autriche, et cherchent à saisir la griffe des années 70. Ainsi, ils enregistrent par exemple avec du matériel d’époque. Quant au style vestimentaire si particulier du groupe, il est composé par des habits achetés dans des magasins berlinois de deuxième main. En revanche, le groupe ne se considère pas satanique ou occulte.

Kadavar, retour aux sources

Philipp « Mammut » Lippitz, et Christoph « Tiger » Bartelt commencent à jouer ensemble en 2010. Les deux compères sont rejoints durant l’été 2012 par Christoph « Lupus » Lindemann, comme chanteur et bassiste.

Quelques semaines plus tard sort le premier album, intégralement vendu en précommande et donc épuisé avant même d’atteindre les bacs. Les critiques sont élogieuses.

Encouragé par les nombreux retours positifs, Kadavar publie un second album à peine quelques mois après le premier et c’est en avril 2013 que sort le très attendu Abra Kadavar. Les critiques sont aussi élogieuses que celles du précédent album.

Peu de temps après, Philipp Lippitz quitte le groupe ; il est remplacé par Simon „Dragon“ Bouteloup qui avait déjà participé aux deux précédentes prestations scéniques.

Alors que le second album atteint la 42ème place des ventes en Allemagne, Kadavar s’acoquine avec les australiens de Wolfmother et les accompagne lors d’une tournée en Europe.

En 2013 et 2014, le groupe est nominé dans la catégorie « meilleure révélation » lors des Metal Hammer Awards, récompense décernée par le mensuel du même nom.

Kadavar, retour aux sources

Les trois barbus commencent à travailler sur leur troisième album début 2015. Berlin sort ainsi le 21 août de la même année et atteint cette fois-ci la 18ème place des charts allemands. Plus grand public, plus moderne aussi, l’album s’imprègne d’une touche plus pop, qui n’est pas sans évoquer Wolfmother. C’est aussi l’année où le groupe joue pour la première fois à Rock Am Ring, le plus grand festival de rock Outre Rhin. S’en suit une tournée en Europe, mais cette fois-ci Kadavar est en haut de l’affiche.

En 2017 sort le quatrième album du groupe, Rough Times, qui se présente comme un retour aux sources, bien moins grand public. Dust, Steamhammer, Hawkwind et Black Sabbath sont ainsi fêtés tout au long des dix pistes que comporte l’album.

À l’automne, Kadavar part de nouveau en tournée sur le vieux continent avant de jouer en première partie d’Ozzy Osbourne à Oberhousen et de Scorpions à Ludwigsburg.

Fin 2018 sort l’album live in Copenhagen enregistré lors d’un concert.

Même si l’on peut regretter un manque d’originalité, Kadavar continue de faire vivre l’esprit des années 70 avec vaillance et passion. Dans le fond, comme dans la forme puisqu’ils respectent les techniques d’enregistrement d’époque. Un groupe authentique, dans une époque superficielle.

Source : Laut.de

Playlist Kadavar :