Swiss und die Andern au Deichbrand Festival

« Nous sommes Swiss + die Andern, de Hambourg St Pauli. Là d’où nous venons, ça pue, mais partout où nous allons, nous cassons la baraque ! »

Et ils ont effectivement cassé la baraque lors du Deichbrand édition 2019, le dimanche 21 juillet à 14h, le dernier jour du festival.

Swiss und die Andern (littéralement Swiss et les autres, Swiss étant le pseudonyme du chanteur) est un groupe qui veut provoquer et réveiller les consciences. Avec des textes qui parlent de leur expérience et de leur vision du monde, ils n’ont pas peur de déplaire au grand public, voire de le dresser contre eux.

Le ton est tout de suite donné, avant même que le groupe ne débarque sur la grande scène. Une banderole « Parental Advisory : Krank links » (avertissement parental : à gauche comme des malades) indique où se situe politiquement le groupe.

Une petite phrase de Swiss enfonce le clou : « La dernière fois que nous sommes venus, la police nous a bloqués pendant des heures ».

Les chants antifas dans le public finissent d’annoncer la couleur de la prestation à venir de Swiss und die Andern, tout comme le T-shirt du guitariste qui arbore un « antifascist action » du plus bel effet.

Swiss, frontman du groupe, est très musclé et l’on ne voudrait pas être à la place du nazillon qui le rencontrera lors d’une manif. Du coup, tout le monde obéit quand il ordonne de sauter dès le premier morceau (le bien nommé Swiss oder Stirb).

L’ambiance est garantie. Pourtant, il est tôt dans la journée, ce qui n’a pas découragé les festivaliers. Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi regroupés devant le Fire Stage, deuxième grande scène du festival.

Sur scène, ça balance dur avec Jakob Schulze à la guitare, rouquin, barbu et créteux, Matze Grimm à la basse et, plus en retrait, Tobias Gerth.

Le DJ Da Wizard assure largement l’ambiance lors de plusieurs échanges comiques avec Swiss qu’il chambre gentiment sur son égo ou lorsqu’il balance des tubes interplanétaires sur sa platine, annonçant ainsi les chansons les plus calmes du répertoire de Swiss.

La présence exceptionnelle du rappeur Shocky en chaise roulante, arborant un sourire à jamais tatoué sur le visage, apporte également un symbole fort à la prestation ; il est tout à la fois effrayant, inquiétant et fabuleusement stimulant. Il rappe comme à son habitude, de manière solide et honnête.

Tout est là pour mettre le feu et c’est bien ce qui se produit sur la scène comme dans la fosse. Le public danse, bondit, pogote, chante, lève un doigt d’honneur en direction de l’AfD (Alternativ für Deutschland, le parti d’extrême-droit allemand).

Après cinq chansons, le groupe propose une reprise de l’une des chansons les plus connues de Die Ärzte, Schrei nach Liebe dans laquelle est apostrophé un néo-nazi :

« Il faut toujours tout t’expliquer car tu ne comprends rien

ta violence vient d’un manque d’amour car tes parents n’avaient jamais de temps à t’accorder »

Le succès est évident et tout le public se met à crier l’insulte sur laquelle se termine le refrain : « Arschloch ! » (traduction : Enculé)

Au bout d’une heure de concert, Swiss avoue qu’il a très envie de se fumer un joint en coulisse. Il fait ses adieux et prend congé du public avec le reste du groupe.

La setlist du concert :

Swiss oder Stirb

Finger zum MW

Punk zurück

Kuhle Typen

Schwarz Rot Braun

Schrei nach Liebe (Die Ärzte cover)

Fick dich

Morgenland

Der Scheiss is’ live

Hassen oder Lieben

Vermisse dich

Punkah auf Sri Lanka

Wir gegen die

Asche zu Staub

Grosse Freiheit

Pogo

Deichbrand est un festival qui se déroule chaque année, le troisième week-end de juillet, dans le nord de l’Allemagne,près de Brême. La programme est éclectique, mais la personne qui s’intéresse au rock allemand est assurée d’y retrouver l’ensemble de la scène allemande, de Tocotronic aux Toten Hosen, en passant par les groupes plus confidentiels comme Swiss und die Andern par exemple. L’organisation impeccable et l’ambiance bonne enfant, presque familiale, permet de ne jamais souffrir de l’affluence importante (entre 55 000 et 60 000 personnes).

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Die Toten Hosen, est-ce que c’est encore du punk rock ?

C’est grâce à un rock punk simple mais engagé politiquement que die Toten Hose s’est assuré un succès toujours grandissant au cours de leurs trente années de scènes. La popularité du groupe dépasse largement l’extrême gauche. Leur aptitude à se renouveler avec simplement trois accords leur a même permis de s’assurer des fans à travers plusieurs générations, de vendre des millions d’albums et de s’assurer plusieurs fois la tête du hit parade. Et le succès et tout sauf immérité.

La légende raconte que les cinq jeunes hommes se sont rencontrés à Düsseldorf, septième plus grande ville d’Allemagne (située dans la Ruhr), qu’ils ont fondé un groupe, donné des concerts, sortis des albums et seulement après, appris à jouer de leurs instruments.

Comme trois des membres du groupe portent le prénom Andreas, ils se décidèrent à adopter des pseudos. Ainsi, Andreas Frege au chant s’appelle désormais Campino, Michael Breitkopf à la guitare se fait appeler Breiti, Andreas von Holst également à la guitare se prénomme Kuddel, Andreas Meurer à la basse hérite du sobriquet Andi et Wolfgang Rohde batteur répond au diminutif Wölli.

De 1983 à 1986, avec les albums Opel-Gang, Unter falscher Flagge et Damenwahl, ils se font d’abord connaître dans la scène punk allemande avec des chansons aux textes plutôt drôles. Puis, avec Never Mind The Hosen – Here’s Die Roten Rosen (1987) qui reprend d’anciens tubes, ils font leur entrée dans le classement des meilleures ventes. Dès lors tout va très vite et les choses deviennent plus sérieuses et ambitieuses. C’est en particulier le cas à partir de Ein Kleines Bisschen Horrorschau (1988) qui s’inspire du roman L’Orange mécanique d’Anthony Burgess (c’est sur cet album que l’on trouve Hier kommt Alex régulièrement chanté en concert, aujourd’hui encore).

In einer Welt, in der man nur noch lebtDans un monde où l’on ne vit
Damit man täglich roboten gehtChaque jour que pour côtoyer des robots
Ist die größte Aufregung, die es noch gibtLes grands événements qu’ils nous restent
Das allabendliche Fernsehbildsont, tous les soirs, à la télévision
Jeder Mensch lebt wie ein UhrwerkChaque homme vit comme une horloge
Wie ein Computer programmiertComme un ordinateur programmé
Es gibt keinen, der sich dagegen wehrtPersonnes ne s’y oppose
Nur ein paar Jugendliche sind frustriertSeuls quelques jeunes sont frustrés

La compilation qui sort ensuite, Auf dem Kreuzzug ins Glück (1990), se place pour la première fois en tête des ventes.

Entre 1982 et 1997, les Toten Hosen donnent mille concerts. Qu’ils chauffent la salle pour U2 et les Rolling Stones, ou qu’ils soient les rois de la soirée, leurs concerts sont inoubliables.

C’est pourquoi le concert du 28 juin 1997, fêtant les 15 ans du groupe dans le stade de Düsseldorf, devait être un moment magique ; il s’est finalement transformé en tragédie lorsqu’une jeune néerlandaise est décédée dans la cohue des 60 000 fans. Le groupe continue de jouer pour éviter la panique mais, par la suite, annule tous ses concerts.

Après s’être remis du choc, ils reviennent doucement en commençant une tournée à l’autre bout du monde, sur des festivals en Australie. En Allemagne, leurs premiers concerts sont annoncés sous le nom Die Roten Rosen, pseudonyme qu’ils avaient déjà utilisés en 1987.

Le groupe continue d’aligner les albums. Ainsi sort en 2002 Auswärtsspiel et un best of Reich & sexy II. Puis, en 2004, Zurück zum Glück est publié.

Finalement, après un concert unplugged en 2005, le groupe prend un peu de vacances, jusqu’en 2007, année où se déroule le sommet du G8 en Allemagne.

Le groupe, proche d’Oxfam, ONG qui aigit contre les injustices et la pauvreté, profite de l’événement pour communiquer sur les conséquences de la mondialisation sur les pays pauvres et le climat.

En 2008, Campino est contacté par Wim Wenders pour tenir le rôle principal de Rendez-vous à Palerme, film présenté à Cannes la même année. Le chanteur joue aux côtés de Dennis Hopper.

Die Toten Hosen revient à la scène pour une série de concerts qui, à chaque fois, se jouent à guichets fermés. Le groupe fête alors ses 25 ans mais il n’est pas question de prendre sa retraite, même lorsque Campino se casse une jambe. Malgré son plâtre il enflamme Hambourg, Berlin et le festival Rock am Ring.

En 2008 sort le nouvel album, In aller Stille. S’en suit une tournée qui mène le groupe en Amérique du Sud et en Asie centrale.

En 2012 est publié l’album Ballast der Republik (le poids mort de la république) après une nouvelle compilation (All die ganzen Jahren) en 2011. L’album est un succès dans les pays germanophones et se retrouvent en première place des listes allemandes, suisses et autrichiennes.

Arrive alors le point culminant de la carrière du groupe avec la chanson « Tage Wie Diese » qui devient le hit de l’été 2012. Aujourd’hui, c’est l’une des chansons les plus jouées lors des enterrements. Bien qu’il ne s’agit plus vraiment de punk rock, la chanson, un hymne à la nostalgie, ne trahit en rien les origines du groupe puisqu’elle évoque l’euphorie avant d’entrer en scène.

La tournée fêtant les 30 ans de la bande commence en avril 2012 au Bremer Schlachthof et se poursuit jusqu’en mai dans des petites salles. En septembre, le groupe se rend en Argentine avant de commencer une nouvelle tournée dans les pays germanophones en novembre, comme d’habitude, à guichets fermés. L’ensemble a été immortalisé dans la vidéo Der Krach Der Republik (le vacarme de la république).

Le 25 avril 2016, à la suite d’un cancer, Wolfgang « Wölli » Rohde, batteur, décède.

Le groupe n’arrête pas pour autant et les vers d’une des chansons de leur album de 1986 Damenwahl sont toujours d’actualité :

Solange Johnny Thunders lebtTant que vivra Johnny Thunders
solange bleib ich ein PunkJe resterai punk
solange es was zu trinken gibtTant qu’il y aura de quoi boire
dauern alle unsere Feste an.Nos fêtes continueront

Et ce, même si Johnny Thunders, guitariste des New York Dolls, l’un des premiers groupes punks, est décédé le 23 avril 1991.

Ainsi sort en 2017, Laune der Natur, le seizième album du groupe. Plus mature que les précédents, il ne traite plus de bière, de fête et de révolution mais plutôt de la mort, de la perte et des relations humaines. C’est un album mélancolique pour des musiciens quinquagénaires qui ont déjà eu à subir plusieurs pertes et qui ont une bonne partie de leur vie derrière eux.

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Kadavar, retour aux sources

Imprégnée de stonerock, de hardrock et de rock psychédélique, la musique de Kadavar est fortement inspirée par celle de Black Sabbath, Pentagram et Hawkwind, des groupes américains et britanniques très prolifiques dans les années 1970.

Kadavar naît en 2010 à Berlin. Les membres viennent de Thüringen, Münster et de l’Autriche, et cherchent à saisir la griffe des années 70. Ainsi, ils enregistrent par exemple avec du matériel d’époque. Quant au style vestimentaire si particulier du groupe, il est composé par des habits achetés dans des magasins berlinois de deuxième main. En revanche, le groupe ne se considère pas satanique ou occulte.

Philipp « Mammut » Lippitz, et Christoph « Tiger » Bartelt commencent à jouer ensemble en 2010. Les deux compères sont rejoints durant l’été 2012 par Christoph « Lupus » Lindemann, comme chanteur et bassiste.

Quelques semaines plus tard sort le premier album, intégralement vendu en précommande et donc épuisé avant même d’atteindre les bacs. Les critiques sont élogieuses.

Encouragé par les nombreux retours positifs, Kadavar publie un second album à peine quelques mois après le premier et c’est en avril 2013 que sort le très attendu Abra Kadavar. Les critiques sont aussi élogieuses que celles du précédent album.

Peu de temps après, Philipp Lippitz quitte le groupe ; il est remplacé par Simon „Dragon“ Bouteloup qui avait déjà participé aux deux précédentes prestations scéniques.

Alors que le second album atteint la 42ème place des ventes en Allemagne, Kadavar s’acoquine avec les australiens de Wolfmother et les accompagne lors d’une tournée en Europe.

En 2013 et 2014, le groupe est nominé dans la catégorie « meilleure révélation » lors des Metal Hammer Awards, récompense décernée par le mensuel du même nom.

Les trois barbus commencent à travailler sur leur troisième album début 2015. Berlin sort ainsi le 21 août de la même année et atteint cette fois-ci la 18ème place des charts allemands. Plus grand public, plus moderne aussi, l’album s’imprègne d’une touche plus pop, qui n’est pas sans évoquer Wolfmother. C’est aussi l’année où le groupe joue pour la première fois à Rock Am Ring, le plus grand festival de rock Outre Rhin. S’en suit une tournée en Europe, mais cette fois-ci Kadavar est en haut de l’affiche.

En 2017 sort le quatrième album du groupe, Rough Times, qui se présente comme un retour aux sources, bien moins grand public. Dust, Steamhammer, Hawkwind et Black Sabbath sont ainsi fêtés tout au long des dix pistes que comporte l’album.

À l’automne, Kadavar part de nouveau en tournée sur le vieux continent avant de jouer en première partie d’Ozzy Osbourne à Oberhousen et de Scorpions à Ludwigsburg.

Fin 2018 sort l’album live in Copenhagen enregistré lors d’un concert.

Même si l’on peut regretter un manque d’originalité, Kadavar continue de faire vivre l’esprit des années 70 avec vaillance et passion. Dans le fond, comme dans la forme puisqu’ils respectent les techniques d’enregistrement d’époque. Un groupe authentique, dans une époque superficielle.

Source : Laut.de

Playlist Kadavar :

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Feine Sahne Fischfilet contre l’État

Aux débuts de Feine Sahne Fischfilet, l’Office fédéral de protection de la constitution, service de renseignement dont la mission est de surveiller les activités contraires à la constitution allemande, s’intéressait beaucoup au groupe en raison de son attitude anti-État. D’après l’organisation, Feine Sahne Fischfilet souhaite la dissolution des structures étatiques et voit la violence comme option légitime dans la confrontation avec son adversaire politique. Depuis, l’intérêt de l’Office fédéral a décru mais Feine Sahne Fischfilet ne s’est pas assagi, que ce soit dans sa musique ou dans ses textes.

Au tout début, les textes étaient parfois sexistes. Depuis, les membres du groupe les ont eux-mêmes condamnés en mettant en avant le fait qu’ils étaient alors très jeunes.

Feine Sahne Fischfilet est un groupe punk originaire de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, une région de l’est de l’Allemagne où les néonazis font partie du paysage local. Le groupe naît en 2007 à l’école, parmi les supporters du club de football Hansa Rostock : Monchi, Tscherni, Köbi, Mäxer, Champ et Olaf. Dès le début, les textes sont très à gauche et s’attaquent à l’homophobie et au fascisme.

Parfois teintée de ska et de ballades littéralement pop, la musique de Feine Sahne Fischfilet est surtout un punk rock qui n’a rien de moderne. La musique est empreinte de colère, vient du cœur et est très engagée.

Les deux premiers albums sortent dans les milieux undergournd et pourtant, ils se vendent bien. Backstage Mit Freunden en 2009, puis Wut Im Bauch Und Trauer en 2010 sont indissociables musicalement mais proposent un punk qui déménage.

« Ce que nous faisons n’est pas de l’art, ce n’est pas pour la galerie, ce n’est pas pour la vitrine. Notre musique doit être un outil pour exprimer notre haine contre le racisme, le sexisme, l’homophobie et l’État. » À ce titre, le groupe est considéré par le Land (les Länder sont les régions administratives en Allemagne) comme un groupe d’activistes d’extrême gauche s’attaquant au régime libéral-démocratique. En réponse, le groupe a remercié la région pour la publicité que lui confère le statut d’ennemi de l’État, publicité dont a bénéficié le troisième album sorti en 2012. Scheitern & Verstehen permet en effet de sortir le groupe de la confidentialité. C’est toujours du punk mais musicalement et textuellement, c’est plus travaillé.

Antifasciste, le groupe se dresse contre le nazisme et s’efforce d’avertir que le nazisme, même moderne et proche des gens, n’est jamais que barbare et méprisant vis-à-vis de l’humanité.

Le groupe en profite pour organiser un concert antifasciste avec le soutien de Katharina König-Preuss, membre de gauche du Landtag (assemblée parlementaire).

Feine Sahne Fischfilet est régulièrement victime d’attaques de l’extrême droite et du gouvernement. En effet, il est arrivé plusieurs fois que les concerts du groupe soient annulés par les autorités pour risque de troubles à l’ordre public, comme en 2013 où le NPD (Parti national-démocrate, parti ultranationaliste) fait annuler la venue de FSF à la fête de la ville de Riesa. Les organisateurs du spectacle sont menacés, leur bus attaqué. Malgré tout FSF continue et n’hésite pas à prolonger sa tournée pour se produire sur une manifestation antinazie à Wolgast en 2012. « Vous voulez nous faire peur, vous n’y arriverez pas / Vous voulez nous faire taire, vous n’y arriverez pas », une déclaration que le groupe n’hésite pas à lancer à l’extrême droite, au pouvoir et à tous ceux auxquels ils ne plaisent pas.

En 2012, le groupe est nominé dans la catégorie meilleur espoir au VIA! Vut Indie Award. Un an plus tard, ils arrivent à la seconde place d’un concours organisé par le parti Die Linke (parti de gauche).

En 2014, ils assurent la première partie des Broilers pour quatre concerts à Hambourg, Leipzig, Bamberg et Rostock. Deux des concerts font l’objet de tentatives d’annulation par l’Office fédéral pour la protection de la constitution.

De janvier à avril 2015, le groupe donne une vingtaine de concerts en Allemagne, en Autriche et en Suisse, tous complets ou presque. La tournée a fait l’objet d’un reportage photos immortalisé par l’artiste de street art MAXimilian Ettl.

Finalement, à l’été 2014, le groupe se produit sur la scène des plus grands festivals allemands comme le Hurricane et Rock am Ring. S’ensuit une tournée avant la sortie du quatrième album en 2015. Bleiben oder Gehen montre une nouvelle évolution du groupe. La musique de Feine Sahne Fischfilet paraît plus intelligente, expérimentée et plus mature.

« Ça a été un atout d’avoir une mère dentiste lorsque j’ai perdu les dents de devant à la suite d’une bagarre » Jan „Monchi“ Gorkow, chanteur.

En 2016, le groupe lance la campagne « Noch nicht komplett im Arsch » (pas encore complètement dans la merde) contre la montée de la droite dans le pays. Diverses actions sont mises en place dans de petites villes. Il s’agit d’amener les gens à se rencontrer et renforcer les liens afin de faire bloc contre la montée de la droite. Campino, chanteur des Toten Hosen se produit lors de l’une de ces manifestations devant près de 2 000 personnes. Cela n’empêche pas l’AfD (Alternative für Deutschland, parti d’extrême-droite) de faire 21% aux élections régionales de 2016. Mais pour les punkrockers, leur action est un succès : « Au-delà des enfoirés inquiets et des agitateurs, il existe encore des gens exceptionnels. » L’idée n’a jamais été de changer le résultat des votes mais plutôt de donner un sentiment de communauté et de soutien. « Noch nicht komplett im Arsch » remporte le prix de la campagne la plus originale au concours Popkultur en 2017.

En octobre 2017, Feine Sahne Fischfilet reçoit le prix VUT Indie Award. Mis aux enchères sur Ebay, les fonds récoltés par la vente de la statuette sont reversés à une organisation qui aide les réfugiés en Méditerranée.

Le 12 janvier 2018 sort le nouvel album du groupe, Sturm & Dreck, qui atteint la troisième place des ventes en Allemagne. Non seulement, FSF y conserve tout l’esprit punk, mais, plus encore, parvient à retranscrire sur disque la rage des concerts. Concrètement, et malgré sa présence régulière sur les grands festivals, FSF continue de se produire dans des petites villes, rien n’a changé pour Jan « Monchi » Gorkow et sa bande.

Le 3 septembre 2018, Feine Sahne Fischfilet se produit à Chemnitz. Sous la bannière « Wir sind mehr » (nous sommes plus nombreux), le concert qui réunit aussi Kraftklub, est organisé en réaction aux manifestations hostiles à la politique migratoire et appuyées par le mouvement PEGIDA (collectif anti-islam) puis par l’AfD.

Le 14 novembre 2018, la projection du documentaire Wildes Herz (film qui remporte plusieurs prix en 2017) réalisé par Charly Hübner (acteur dans La vie des autres – 2006) sur l’engagement du groupe contre la pensée d’extrême droite en Allemagne de l’Est doit être annulé à la suite d’une alerte à la bombe.

Musicalement, Feine Sahne n’est peut-être pas indispensable, mais les actions que les membres du groupe mènent avec sincérité en font de véritables travailleurs sociaux chantants. Ils démontrent également que musicalement, le punk fonctionne toujours et ne sera probablement démodé que lorsque le système ne produira plus d’inégalités. Dans cette période trouble où les jeunes ont besoin de repères, Feine Sahne Fischfilet s’impose comme un modèle à suivre. À travers des chansons, presque des hymnes, le groupe chante sans détour la solidarité, l’euphorie, le doute, l’ennui, le combat politique. Son engagement sur la scène et dans la vie de tous les jours est si incontestable que les chansons et textes sont crédibles, inspirent, persuadent, incitent à la résistance.

Discographie :

2009: Backstage mit Freunden (Diffidati Records)
2010: Wut im Bauch, Trauer im Herzen (Diffidati Records)
2012: Scheitern & Verstehen (Audiolith)
2015: Bleiben oder Gehen (Audiolith)
2018: Sturm & Dreck (Audiolith)

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Swiss & Die Andern, anti-système et sans étiquette musicale

Il est difficile de coller une étiquette sur Swiss & Die Andern tant leur musique traverse les genres : Hip hop, punk rock… Le groupe originaire de St. Pauli, le célèbre quartier populaire de Hambourg, s’éloigne radicalement de la scène mainstream, comme l’atteste par exemple l’un de leurs EP titré Wir gegen Die (Nous contre eux).

« Je ne veux pas faire de musique qui laisse les gens indifférents » dira Swiss et on peut dire que l’objectif est plutôt atteint, à la vue des petits scandales que le groupe suscite.

Quand ils écoutent ma musique, je ne veux pas que les gens se disent « Ça ressemble à… ». Je veux qu’ils se disent « Ah, mais c’est Swiss ! »

Swiss est le fils d’un comédien suisse et d’une réalisatrice allemande. Dès son plus jeune âge, ses débuts à l’école sont difficiles et il est mis à l’écart. Celui qu’on appelle dans la cour de récréation « le Suisse », se voit diagnostiquer des troubles du déficit de l’attention et une hyperactivité. La seule réponse de la société pour lui est le traitement médicamenteux et la prescription de cachets.

Swiss décroche malgré tout son BAC et étudie ensuite les médias. Mais il ne reste pas longtemps à l’université et s’oriente très vite vers la musique, en commençant par le rap.

« Les gens ont peur car ce monde tourne mal. Ils se cherchent mais ne trouvent que leur patrie. »

Tout en faisant face à des problèmes psychologiques personnels, Swiss sort en 2006 son premier album, Jeder Track Ein Hit (Chaque chanson est un tube), disponible gratuitement en téléchargement. Swiss y parle ouvertement de sa dépendance aux médicaments, il s’agit de montrer sans détour les conséquences de son traitement.

Un an plus tard sort Amoktape, le second album, qui comprend la chanson Der letzte Schultag (le dernier jour d’école), chanson qui fait l’objet de nombreuses critiques. En effet, le morceau raconte une tuerie perpétrée par un lycéen depuis le point de vue de ce dernier, en citant les raisons qui l’ont poussé à commettre l’impensable : « Vous me traitez de perdant et de monstre », « Seul à la récrée, seul à la maison », etc.

Swiss écrit son nom de scène avec 3 six (6W†66), ce qui n’a pas de connotation sataniste mais fait simplement référence aux trois « S » présents dans son nom de scène. La philosophie du groupe tourne plutôt autour de la liberté, du rejet de toute autorité et du refus catégorique de suivre un prophète.

Tout en continuant les collaborations, Swiss sort trois nouveaux albums entre 2008 et 2013.

En 2014, Swiss prend de la distance avec le rap et retourne à ses racines « punk ». Dès lors, il se produit sur scène avec Tobias Gerth (batteur), Jakob Schulze (guitariste), Matze Grimm (bassiste) et le DJ Da Wizard. Naît alors le groupe Swiss & die Andern. La bande mélange dans ses chansons le punk et le rap, des textes poétiques attaquent de front une civilisation en déclin.

Swiss sort ensuite sous son propre label, Missglückte Welt, l’EP Schwarz Rot Braun (Noir, Rouge, Marron). Les couleurs sont une référence au drapeau allemand, la couleur or étant remplacée par celle, marron, du nazisme.

« C’est la peur qui se vend le mieux à l’Ouest car les gens qui ont peur, ont besoin de l’argent des banques »

Le premier album sort en 2015. Grosse Freiheit (Grande Liberté) se positionne à la 44e place des ventes pendant que les clips de Vermisse Dich et Asche zu Straub tournent sur plusieurs chaînes de télévision.

2016 voit la sortie du second album, Missglückte Welt (Monde en déclin). Deux années plus tard sort le troisième album Randalieren für die Liebe (Soulèvement pour l’Amour) qui atteint, quant à lui, la seconde place des ventes. Les textes restent toujours très politiques mais la musique s’éloigne progressivement du rap pour embrasser le rock punk de manière plus radicale.

La musique de Swiss & die Andern est puissante, brute, entraînante, relevée par des refrains agressifs qui soulignent la haine du groupe envers le système. Swiss & die Andern se révèle sur scène même si une bonne partie de sa puissance scénique est parfaitement retranscrite dans ses albums. Les textes, qui proposent au public des analyses pertinentes de l’âme humaine, se permettent également de nombreuses réflexions qui font de Swiss & die Andern un groupe à connaître.

Discographie :
2014 : Schwarz Rot Braun (EP, Missglückte Welt / Soulfood)
2015 : Grosse Freiheit (Album, Missglückte Welt / Soulfood)
2016 : Missglückte Welt (Album, Missglückte Welt / Soulfood)
2017 : Wir gegen Die (EP, Missglückte Welt / Soulfood)
2018 : Randalieren für die Liebe (Album, Missglückte Welt / Soulfood)

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Drangsal, un groupe des années 80

C’est dans les années 80s qu’apparaissent le post punk et le wave. Encore aujourd’hui, certains groupes se réclament de ce genre de musique comme Messer, Die Nerven ou encore… Drangsal.

Max Gruber, alias Drangsal est né le 4 août 1993 à Landau, au sud-est de l’Allemagne, près de la frontière suisse. Le nom de son groupe, Drangsal, vient de celui d’une maison spécialisée dans les enterrements à Landau. Il est parolier, chanteur et il maîtrise plusieurs instruments. La musique de Drangsal est imprégnée de post punk et de synthpop, la musique des années 80s. Ainsi, il s’inspira de ses groupes de jeunesse comme Marilyn Manson, Morrissey et Boyd Rice. « Morrissey et The Smith ont été, longtemps, incroyablement importants pour moi. », dit-il.

En septembre 2013, Drangsal met en ligne les vidéos de ses premières musiques Wolpertinger et Allan Align. Le clip de cette dernière chanson se fait remarquer dans les médias car c’est Jenny Elvers (une actrice allemande) qui y joue le rôle féminin.

C’est le 22 avril 2016 que sort son premier album, Harieschaim. Il produit son album avec Markus Ganter qui travaille déjà avec d’autres artistes comme Casper ou Tocotronic. L’une des musiques de Harieschaim tient son nom d’un endroit où les ancêtres de Max Gruber ont été assassinés.

À l’automne 2016, après une tournée en Allemagne, Autriche et Suisse, Drangsal reçoit un prix dans la catégorie « nouveau venu inattendu ». Un prix de la « culture du Pop ».

En 2017, au Echoverleihung – une académie – il reçoit le prix de la critique grâce à son album Harieschaim.

Entre juin et juillet 2017, Gruber participe à l’émission de radio FluxFM : Praxis Dr. Angsal – die Musiksprechstunde mit Max Gruber (traduction : Le cabinet du Dr Angsal – une heure de musique avec Max Gruber). L’émission consiste à recevoir un invité, un docteur, un thème et des diagnostics sur ce thème.

Le deuxième album, Zores, sort en avril 2018 et est produit en partenariat avec Markus Ganter et Max Rieger. Ce dernier est un skieur alpin allemand. L’album atteint la douzième place du hit parade allemand et reçoit de bonnes critiques de la part des médias. Rolling Stone écrit par exemple que « Zores possède des mélodies clair-obscur, des paroles qui resteront dans l’esprit […]. Malgré tous les dangers, sa musique reste obstinée et hors d’accès. »

Drangsal est donc un homme qui se démarque des groupes d’aujourd’hui par sa musique qui cherche son inspiration dans le passé. Malgré cette différence avec les autres groupes actuels, Drangsal a facilement pu se faire une place sur la scène allemande.

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Tocotronic : sur le chemin du crépuscule

Aux débuts des années 90, Tocotronic est le principal acteur de l’école hambourgeoise, un mouvement culturel qui a profondément marqué la décennie en imposant la langue allemande dans un rock alternatif fortement intellectualisé et aux considérations politiques ancrées à gauche. Aujourd’hui, avec sa musique mélancolique aux textes introspectifs et révoltés, Tocotronic est l’un des groupes phare du rock allemand.

Tocotronic se forme en 1993. Le nom du groupe s’inspire d’une console de jeu japonaise, ancêtre du Game Boy : le Tricotronic. Le trio est composé de Dirk von Lowtzow (chant et guitare), Jan Müller (basse) et Arne Zank (batterie). Leur musique s’inscrit dans le courant punk.

En 1994, le groupe commence à se produire sur la scène underground d’Hambourg où il est vite remarqué. La même année est produit, sous leur propre label, leur premier single, Meine Freundin und ihr Freund (mon amie et son ami). L’année suivante sort leur premier album : Digital ist besser (le digital, c’est mieux) chez L’âge d’or où ils sont soutenus par Jochen Distelmeyer, chanteur de Blumfeld, autre groupe phare de l’époque. S’ensuit une tournée en Allemagne, Autriche et Suisse.

La popularité du groupe augmente, portée par une musique grunge mélancolique parfaitement adaptée à l’époque. Les textes, surtout, font mouche. Ils touchent les problématiques jeunes (Ich möchte Teil einer Jugendbewegung sein : je voudrais faire partie d’un mouvement de jeunes). Il y aussi une identité visuelle marquante (veste de survêtement, pantalon de velours et raie sur le côté dans les cheveux). Déjà un fan club naît : Megatronic. C’est le début d’un phénomène aux accents de groupes britanniques. La presse et le grand public sont d’accord et voient en Tocotronic un groupe capable de retranscrire les problèmes de la jeunesse de l’époque.

Quelques mois après la sortie du premier album se présente déjà le suivant : Nach der verlorenen Zeit (après le temps perdu).

Le troisième album sort en 1996. Wir kommen um uns zu beschweren (nous venons pour nous plaindre) est le premier album du label L’âge d’or à atteindre les premières places de classement allemand des ventes. Le groupe part à nouveau en tournée mais cette fois-ci dans des salles de concert plus grandes. Les Tocos reçoivent également un prix dans la catégorie « jeune, allemand et en route pour les sommets » qu’ils rejettent en expliquant qu’ils ne sont ni fiers d’être jeunes ni fiers d’être allemands.

En 1997 sort le quatrième album enregistré en France aux studios Black Box à Angers qui a vu passer des groupes comme Les Sheriff, Les Thugs, Parabellum ou les Wampas. Es ist egal, aber (c’est égal, mais) montre un léger changement de style avec l’apparition dans la musique de sons électroniques et de cordes, ainsi que des textes plus légers. Le groupe a en outre assuré deux concerts pour Wildwasser e.V., association pour les victimes de violence sexuelle.

Invité au festival danois Roskilde, le groupe entame ensuite une longue tournée dans les pays germanophones avant de se produire l’année suivante aux USA, dans la foulée de la sortie du cinquième album.

Avec K.O.O.K, le son du groupe continue à se développer : les textes sont plus imagés et la musique plus introspective. Dès lors, chaque album apparaîtra dans le top 10 des ventes.

La tournée qui suit fait l’objet d’un journal de bord publié sous la forme d’un livre. Écrit par Thees Uhlmann, alors chanteur du groupe Tomte et manager de Tocotronic, Wir könnten Freunde werden (nous pourrions devenir amis) propose un portrait de la vie d’un groupe de rock en tournée, avec ses surprises et ses clichés.

Après la sortie d’un album remixé en 2000 paraît le sixième album en 2002. Ce nouvel album porte le nom du groupe pour fêter ses dix années d’existence. À cette occasion, l’américain Rick McPhail, qui accompagnait le groupe depuis 2000 sur les concerts en jouant au synthé, devient le quatrième Tocos. Son influence est évidente et l’album divise les fans qui regrettent des textes moins introspectifs et une musique plus rock. En revanche, la critique est unanime et jubile devant l’évolution constante de Tocotronic.

La veille du 8 mai 2005, date anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie, Tocotronic se produit lors de l’évènement organisé par des mouvements de gauche Deutschland, du Opfer (Allemagne, toi victime).

En 2005 sort le septième album intitulé Pure Vernunft darf niemals siegen (la raison pure ne doit jamais vaincre) qui atteint la troisième place des charts. Place qu’il conservera neuf semaines durant.

Kapitulation est produit en 2007 par Universal car le label L’âge d’or n’existe plus. On assiste à un léger retour aux sources grâce à des textes à nouveau introspectifs et en colère (Ich habe Stimmen Gehört : j’ai entendu des voix). À cette occasion, le groupe participe à la campagne contre le sommet du G8 en juin 2007 et remixe sa chanson Aber hier leben, nein danke! (mais vivre ici, non merci !)

Schall & Wahn (Le bruit et la fureur, également le titre d’un roman de William Faulkner) paraît en 2010. Produit à Berlin, l’album clôt une trilogie en hommage à celle de David Bowie.

Avec ce neuvième album, Tocotronic se hisse à la première place des ventes. Comme à chaque fois, l’album bénéficie d’un excellent accueil critique.

Début 2013 sort le dixième album, enregistré de manière analogique. Wie wir leben wollen (vivre comme nous le voulons) s’oriente musicalement vers New Order, The Cure et The Smiths tandis que les paroles de Dirk von Lowtzow s’intéressent à d’autres thématiques comme l’amour.

Le 1er mai 2015 sort le onzième album de Tocotronic. Il n’a pas été baptisé par le groupe mais est habituellement désigné par Das rote Album (l’album rouge) en raison de sa couverture intégralement rouge. L’amour est le leitmotiv qui traverse toutes les chansons de l’album.

À partir de 2015, Tocotronic soutient l’organisation Pro-Asyl qui défend les droits des réfugiées en Allemagne et en Europe.

En janvier 2018 sort le douzième album : Die Unendlichkeit (l’éternité) à l’occasion duquel le groupe continue d’évoluer vers un style de plus en plus varié avec des instruments à vent, un xylophon, etc. Les textes, quant à eux, sont très personnels puisqu’il s’agit d’un album biographique.

Après avoir trouvé rapidement un style et une recette à succès, Tocotronic aurait pu livrer encore et encore le même refrain. À la place, les Tocos ont préféré prendre des risques. Et malgré de nombreuses ruptures dans son style et sa musique, Tocotronic a su conserver sa personnalité. Cette constance a permis au groupe de continuellement évoluer et se renouveler en gardant ce qui faisait son identité.

Playlist Tocotronic :

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Seize années après ses débuts, Jupiter Jones sort son nouveau « premier » album

En mars 2016 sort Brüllende Fahnen, le sixième album de Jupiter Jones. Il s’agit certes de l’album numéro six pour le groupe mais il représente en réalité le premier depuis le départ de son chanteur charismatique Nicholas Müller. Comment prendre un nouveau départ tout en ne trahissant pas son passé ?

Revenons en arrière… Nous sommes à l’automne 2002 dans l’Eifel, une région vallonnée qui s’étend entre la ville allemande de Cologne et la Belgique. Quatre garçons, alors qu’ils participent ensemble à une fête, prennent une décision folle : monter un groupe de rock. Son nom, ils le tirent d’une série policière américaine pour la jeunesse de quarante-trois romans éditée aux USA de 1964 à 1987 : Les Trois Jeunes Détectives. Jupiter Jones, (Hannibal Jones en VF) est le chef de la bande des trois héros. Il est très intelligent mais il a un problème de surpoids et souffre des moqueries de ses camarades.

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Leader emblématique du groupe, chanteur et guitarise, Nicholas Müller est alors entouré de Sascha Eigner également à la guitare, Michael Stadtfeld à la basse et Marco Hontheim à la batterie.

Ils se mettent à répéter et sortent la même année leur première démo : Auf das Leben. En proposant leur première œuvre gratuitement en ligne, le groupe s’assure un petit buzz qui lui permet de faire la première partie de groupes punk installés comme Muff Potter, Donots, Hot Water Music et The (International) Noise Conspiracy.

En juin 2004, le Southside Festival leur offre l’occasion de jouer pour la première fois devant un public conséquent.

En octobre de la même année sort leur premier album, Raum um Raum, suivi en 2007 de Entweder geht diese scheussliche Tapete – oder ich.

Grâce au Goethe Institut dont la mission principale est de promouvoir l’apprentissage de la langue allemande dans le monde, ils peuvent se produire en Bulgarie au cours d’une tournée de dix jours. L’année suivante, Jupiter Jones se produit à Ankara en Turquie devant 7 000 spectateurs.

En 2008, Jupiter Jones enregistre un concert unplugged qui sort en DVD et CD sous le titre Leise.

En 2009 sort leur troisième album : Holiday in Catatonia.

Le groupe signe en août 2010 chez Columbia (Sony). Là, Jupiter Jones sort son quatrième album le 25 février 2011. L’album, qui porte le nom du groupe, contient le single Still qui devient leur plus gros succès. En effet, en avril, Still est la chanson allemande la plus jouée sur les radios outre-Rhin.

Jupiter Jones enchaîne alors les concerts et les appararitions à la télévision allemande, apparitions qui leur valent les critiques des fans de la première heure regrettant que le style musical du groupe s’oriente vers le mainstream.

En réponse, le cinquième album de Jupiter Jones, Das Gegenteil von Allem, sort le 11 octobre 2013 et affiche un véritable retour aux sources. Rennen + Stolpern, le premier single tiré de l’album parvient néammoins à se hisser dans les charts. S’ensuit une tournée en 2014, annulée en mars en raison des troubles d’anxiété dont souffre le chanteur Nicholas Müller. Dans la foulée est annoncé son depart.

Sascha Eigner réunit alors les autres membres du groupe afin de décider de la suite. Avec douze années d’existence, pléthore de concerts, un tube et une respectabilité acquise dans le milieu, le groupe annonce qu’il ne compte pas en rester là. Le 14 mai 2014 est présenté le nouveau leader de Jupiter Jones : Sven Lauer, un vieil ami du groupe.

En juillet, Jupiter Jones sort un album live Glory.Glory.Hallelujah avec encore Nicholas Müller au chant. Mais peu après, un nouveau single fait son apparition sur lequel chante le nouveau leader du groupe.

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S’ensuivent alors quelques apparitions sur scène et la mise en chantier d’un nouvel album qui sort finalement deux années plus tard le 25 mars 2016.

Avec Brüllende Fahnen, le groupe continue dans la lignée de ce que faisait Jupiter Jones tout en amorçant un nouveau départ. Le rock reste groovy. Mais la voix chaude et charismatique de Nicholas Müller laisse la place à celle, plus dynamique, de Sven Lauer qui apporte de la fraîcheur aux chansons. L’apport de Sven ne se limite pas à la forme puisque sur le fond, les textes s’avèrent également plus travaillés, plus politiques.

Playlist Jupiter Jones

Discographie

Album :
2004 – Raum um Raum
2007 – Entweder geht diese scheußliche Tapete – oder ich
2008 – Leise
2009 – Holiday in Catatonia
2011 – Jupiter Jones
2013 – Das Gegenteil von Allem
2014 – Glory.Glory.Hallelujah (live)
2016 – Brüllende Fahnen

Singles
2007 – Wir sind ja schließlich nicht Metallica
2009 – Das Jahr in dem ich schlief
2009 – Nordpol, Südpol
2011 – Still
2012 – Nordpol/Südpol
2013 – Rennen + Stolpern
2013 – Denn sie wissen was sie tun
2014 – Zuckerwasser
2016 – Brüllende Fahnen
2016 – Faustschlag
2016 – 70 Siegel
2016 – Rückenwind/Gegenwind

Sources : www.laut.de

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Bosse, un groupe pour un seul homme depuis plus de 20 ans

Le groupe allemand Bosse, c’est un seul homme : Axel Bosse. Il s’entoure de différents musiciens mais en étant guitariste, parolier et interprète, il tient tous les rôles-clés du groupe.

Axel Bosse naît le 22 février 1980 et à l’âge de 17 ans signe son premier contrat chez Sony Music Entertainment avec son groupe de l’époque, Hyperchild. Hélas, à cause de différents créatifs, le groupe se sépare au bout de deux ans. Axel Bosse commence alors une carrière en solo et, pour l’accompagner dans ses concerts, il recrute des musiciens qui changeront au fil des années.

En 2005 paraît le premier album, Kamikazeherz. À cette époque, Bosse tient la première partie d’autres groupes comme Such A Surge (un groupe de heavy metal), Madsen et Mando Diao.

Axel Bosse et Ayse Bosse

Un an plus tard, en 2006, sort le deuxième album, Guten Morgen Spinner. Début 2009 sont annoncés le troisième album, Taxi et la coopération du producteur Jochen Naaf qui signe trois chansons. Encore en 2009, Bosse travaille avec l’électro-DJ Oliver Koletzki sur le morceau U-Bahn, disponible sur l’album Stil vor Talent de ce dernier.

L’album Wartesaal, dans lequel Bosse écrit douze chansons, est annoncé début 2011. Grâce au morceau Frankfurt-sur-Oder, Bosse concourt au Bundesvision Song Contest 2011. Il représente le Land allemand Basse-Saxe et remporte la troisième place.

Le 8 mai 2013 sort son cinquième album, Kraniche. Plusieurs chansons ont été écrites à Istanbul, là où il a passé quelque temps avec sa femme et sa fille et dont l’influence se ressent dans sa musique.

Axel Bosse à Deichbrand, 2013

En 2016 sort le sixième album, Engtanz. Pour écrire les musiques de cet album, Axel Bosse travaille avec d’autres compositeurs. Engtanz obtint la première place au hit-parade allemand.

Dans un domaine plus philosophique, Bosse soutient les associations qui viennent en aide aux réfugiés. Au cours d’un concert à Munich, le 11 octobre 2015, avec le groupe de rock indépendant Sportfreunde Stiller, il chante Wir. Stimmen für geflüchtete Menschen (N.D.R. : Nous, les voix pour les réfugiés). Ses valeurs sont humanistes et de défense des personnes dans le besoin.

Engtanz, le dernier album sorti en 2016

Par ailleurs, en 2016, Bosse s’est fait remarquer lors de ECHO, un concours allemand de musique. À la fin de sa chanson Steine, il a levé les deux majeurs et s’est écrié « Und die hier gehen raus an jedes Nazischwein (N.D.R. : « Et ceux-là sont destinés à tous ces salauds de nazis »).

Sources : wikipedia.de – laut.de

Playlist Axel Bosse :

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Wanda, musique pop avec Amore

La musique de Wanda se révèle clairement pop avec des influences provenant du rock alternatif et du rock ‘n’ roll.

On n’hésite pas à comparer leur musique à celle des Clash comme lorsqu’elle passe brusquement de la guitare aux chœurs (Bleib wo du warst an), effet typique du groupe londonien. Le groupe, quant à lui, se définit par le terme « musique pop avec Amore », ce qui signifie que les textes traitent principalement d’amour. L’important c’est le bonheur.

Parfois chantées dans le dialecte viennois, d’autres fois particulièrement cyniques, les paroles ne sont pas toujours très compréhensibles, comme pour mieux appuyer le fait que c’est avant tout la musique qui prime. Cependant, les textes s’intéressent aussi parfois à des thèmes plus sérieux comme la frustration sexuelle (Bologna) ou la séparation (Auseinandergehen ist schwer).

Le nom du groupe fait référence à Wanda Kuchwalek, la maquerelle qui sévissait à Vienne dans les années 70, une figure mythique de la culture underground de la ville.

Le groupe est né en 2012 à Vienne. Wanda est alors composé de Marco Michael Wanda (chant), Manuel Christoph Poppe (guitare), Christian Hummer (clavier), Ray Weber (basse) et Lukas Hasitschka (batterie).

Après la sortie du single Schick mir die Post en avril, Amore, leur premier album, sort en octobre 2014 et atteint la treizième place des charts autrichiens (avant de devenir album d’or en 2015). Dans la foulée, Wanda part en tournée dans les pays germanophones avec leur Opel Vivaro, se produisant dans des salles trop petites eu égard à leur popularité trop vite acquise.

Durant le plus prestigieux des concours musicaux autrichiens, les Amadeus Award, Wanda reçoit la plus haute récompense dans la catégorie pop/rock alternatif, et se voit également nominé dans les catégories album, chanson et concert de l’année.

Le second album de Wanda, Bussi, sort le 2 octobre 2015 chez Vertigo Records. En moins de deux semaines, il obtient le statut de disque d’or. Lors des Amadeus 2016, le groupe remporte cette fois-ci les catégories « groupe de l’année » et « concert de l’année ».

En août 2015, des controverses font leur apparition après la diffusion de la vidéo accompagnant le second extrait de l’album, Bussi Baby, dans laquelle apparaît la journaliste antiféministe Ronja von Rönne.

Le chanteur rappela alors que même si Wanda s’oppose fermement au racisme, à la misogynie et au sexisme, les chansons du groupe n’étaient pas politisées.

Wanda s’avère malgré tout un groupe qui polarise, on aime ou on déteste, il n’y a pas de « oui, mais ».

Quoi qu’il en soit, la revue Musikexpress qualifia Wanda de « probable dernier groupe de rock ‘n’ roll important de la génération ». Quant aux lecteurs de Rolling Stone, ils ont élu Wanda « groupe de l’année » en 2015.

Sans faire de pause, Wanda sort son troisième album en octobre 2017 : Niente

Sources : http://www.laut.de

 

Playlist Wanda :

 

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